Le CFO de BNP Paribas visé par la justice

C’est peut-être le nom qu’on attendait encore : le Belge Machenil, actuellement Chief Financial Officer (CFO) du groupe bancaire français BNP Paribas, a été inculpé dans le dossier Fortis, ont révélé mercredi "L’Echo" et le "Tijd".

AvC

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C’est peut-être le nom qu’on attendait encore : le Belge Machenil, actuellement Chief Financial Officer (CFO) du groupe bancaire français BNP Paribas, a été inculpé dans le dossier Fortis, ont révélé mercredi "L’Echo" et le "Tijd".

Comme pour les Maurice Lippens, Jean-Paul Votron, Filip Dierckx ou autres Gilbert Mittler, c’est évidemment un coup dur. Même si comme pour tous les autres, il est présumé innocent. Du côté de BNP Paribas, on ne souhaitait en tout cas pas commenter l’information.

Agé de 43 ans, Lars Machenil a fait une grande partie de sa carrière chez BNP Paribas Fortis avant d’être nommé en mars dernier directeur financier à la maison-mère. Une belle promotion pour celui qui jongle avec les chiffres. Et qui a eu comme premier délicat dossier à défendre le transfert d’un portefeuille de la maison-mère vers la filiale belge de ce qu’on appelle les activités de "financements spécialisés" pour un montant de 17 milliards d’euros.

Ingénieur nucléaire de formation, il fut notamment le bras droit de Gilbert Mittler, l’ancien directeur financier du groupe belgo-néerlandais au moment de la période suspecte.

Augmentation de capital controversée

Il était un des hommes clés au moment de la très controversée augmentation de capital de Fortis en septembre 2007, qui visait à financer en partie le rachat de la banque néerlandaise ABN Amro.

Des fuites sur l’enquête, sorties il y a quelque temps dans "De Standaard", laissaient penser que Fortis a calculé son exposition sur les subprimes américains de façon arbitraire de manière à tromper les investisseurs. Pour cela, les enquêteurs se seraient basés sur un courrier électronique de Lars Machenil où il argumentait (de manière assez absconse) le calcul. Dans le prospectus, le groupe affirmait que "si la crise s’aggrave de 20 %, cela coûterait 20 millions de plus". Or, à l’époque, certains responsables à l’intérieur de la banque tablaient sur des provisions nettement plus élevées. Sylviane Delcuve, responsable de l’analyse du risque, s’était montrée très critique à l’égard de la communication financière lors de son audition par les enquêteurs : "On parlait d’un impact de 20 millions d’euros alors que la banque prévoyait 350 millions d’euros. On jouait sur les mots car on parlait de risques supplémentaires tandis que les montants sous-jacents étaient passés sous silence", a-t-elle notamment déclaré. De fait, il semblerait que le groupe se soit abstenu de communiquer au grand public des provisions (de près de 400 millions d’euros) qu’il avait déjà dû faire sur les fameux CDO achetés fin 2006 mais qui avaient pu être compensés par des gains engendrés par d’autres opérations.

Une septième personne serait inculpée mais le nom n’est pas divulgué. Dans les fuites des auditions parues dans la presse, deux hommes sont souvent cités : Frédéric Van Gheluwe, ancien patron de la banque d’affaires et actuel responsable de l’arbitrage chez BNP Paribas Fortis et Reginald De Gols, qui n’est plus en fonction au sein de la banque. L’un d’eux est-il visé ?