Facebook, une keynote en mode mineur

Le réseau social, en lançant un nouveau moteur de recherche interne, veut jouer à Google… dans Facebook. Analyse.

Alexis Carantonis
Facebook, une keynote en mode mineur
©AFP

"Mes amis qui aiment Star Wars et Harry Potter”, “Les photos prises par mes amis à Paris”, “Mes amis qui aiment la page du RSC Anderlecht”, "Les restaurants où j’ai mangé et mes amis aussi”, “Les photos que j’ai likées”, etc. Parce que quelques exemples parlants sont plus clairs que bien des mots, voici concrètement les questions que vous pourrez poser, demain, à… Facebook, explique nos confrères de La Dernière Heure.

C’est ce qu’a révélé le titan des réseaux sociaux (un milliard de membres) lors d’une keynote trop fade (prenant place dans un auditoire poussiéreux et mal éclairé !), ce soir, 19 h, heure belge, dans ses installations de Menlo Park. Un nouveau moteur de recherche open graph, plus puissant, graphique, intelligent et omniscient, que l’on interrogera de manière plus naturelle que la simple recherche par mots clés. Le CEO Mark Zuckerberg, l’habit toujours aussi modeste, fit preuve de nettement moins d’humilité au moment de qualifier cette nouveauté : “nous venons de créer le troisième pilier de Facebook”. Diantre…

Résumons donc : oui, le nouveau moteur de recherche intégré de Facebook permettra d’aller très loin. On pourra articuler nos recherches sur les personnes, les endroits, les photos et les centres d’intérêt. Zuckerberg a anticipé les cris d’alarme sur la protection de la vie privée, insistant sur le fait que l’utilisateur qui lance la recherche ne se verra proposer que les contenus que leur auteur a accepté de partager avec lui. Rien ne vous empêchera a priori d’effectuer une recherche sur toutes les femmes célibataires ayant étudié à l’ULB en 1994 et comptant Pierre, Paul ou Jacques dans leur liste d’amis. Vous pourrez même rouvrir de vieux dossiers en effectuant la recherche : “photos de mes amis avant 1994”. On veut même bien jouer les candides, et prendre pour parole d’évangile les mots de Zuckerberg, indiquant que le nouveau moteur de recherche de Facebook est “un super outil de recrutement”.

Mais ne nous y trompons pas : alors que les plus farfelus attendaient un smartphone (assemblé par HTC) estampillé Facebook, que les plus raisonnables voyaient venir un système de chat vidéo intégré façon Skype ou le développement d’un OS mobile, Facebook n’a jamais que présenté un upgrade, certes conséquent, d’une fonctionnalité vieille comme le web. Et où il aura, toujours, vu sa portée interne et exclusive à l’univers de Facebook (qui, même s’il est immense, a ses limites), un train de retard sur Google. C’est une révolution pour les annonceurs, que Facebook ne cesse de choyer, pas les utilisateurs !

Ce n’est donc pas l’enthousiasme fou qui dominait en sortie de keynote, même s’il faudra utiliser le Graph Search avant de sceller nos impressions. L’action Facebook, plus que malmenée ces derniers mois a même perdu un chouïa juste après l’annonce ! -0,13 % (à 30,99 $), tandis que celle de Google s’appréciait 0,37 % (à 725,92 $).

Le moteur de recherche graphique de Facebook est disponible, en version bêta, dès aujourd'hui aux States et demain ailleurs.