Commandez en néerlandais, vous paierez moins cher

Sur la version française du site de la société Esopus, le mazout est vendu plus cher. D'après le groupe, aucune discrimination n’est pratiquée sur base de la langue. Esopus précise qu’il s’agit bien d’une question de localisation.

Pa. D.
Commandez en néerlandais, vous paierez moins cher
©Photonews

Le mazout Esso vendu au prix le plus bas, voilà ce que l’on est censé trouver sur le site Internet mazoutachat.be si l’on en croit le slogan. Et pourtant, il suffit de se rendre sur le site web destiné aux néerlandophones, mazoutaanbod.be, pour s’apercevoir que les mêmes produits sont vendus par la même société à des prix moins élevés, a relevé La Dernière Heure.

Pour une commande de 1.000 litres, le mazout Esso standard était vendu à 0,8871 €/litre sur le site francophone hier en fin d’après-midi. Au même moment, sur le site en néerlandais, le prix affiché était de 0,8750 €/litre. Il ne s’agit pas d’une erreur ou d’un accident puisque, chaque jour, les prix sont plus élevés sur le site en français.

Les deux sites appartiennent à la société Esopus qui explique cette différence de prix : “Les raffineries qui approvisionnent tous les dépôts du pays se trouvent à Anvers. La distance entre Anvers et Hasselt est moindre que celle entre Anvers et Liège, où cela coûte donc plus cher d’acheminer le produit” , indique un porte-parole.

Aucune discrimination n’est pratiquée sur base de la langue, selon la société Esopus qui précise qu’il s’agit bien d’une question de localisation. Mais alors, que se passe-t-il si un francophone résidant en Flandre passe commande via le site web en français ? “Il devra payer le prix qui est affiché sur le site où il a commandé” , indique le porte-parole. Autrement dit, le consommateur paiera un prix plus élevé juste parce qu’il parle français… “C’est une possibilité qui pourrait arriver, mais c’est rare. Nous n’avons pas encore trouvé le système pour régler ça.”

Une situation encore plus interpellante si l’on prend le cas de Bruxelles puisque deux voisins peuvent être amenés à payer des prix différents selon la langue qu’ils pratiquent.

Selon le directeur de la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants (Brafco), les arguments de la société Esopus ne tiennent pas la route. “Il y a une répartition géographique équitable des dépôts entre la Wallonie, la Flandre et Bruxelles. Bon nombre de distributeurs du Limbourg s’approvisionnent à Liège” , indique Olivier Neirynck.

Sommes-nous face à un cas de discrimination linguistique ? “J’ose espérer qu’il ne s’agit pas de ça car ce n’est pas dans l’esprit de la Fédération et nous ne pourrions pas le tolérer. Nous pouvons poser la question à notre membre et espérer qu’il rectifie le tir” , déclare le directeur de la Brafco.