Son bébé sur les réseaux sociaux: est-ce raisonnable?

Avec l'arrivée des réseaux sociaux, le comportement des jeunes parents a évolué. Photos partagées, profils Facebook ou Twitter, désormais, ils n'hésitent plus à clamer leur joie au monde entier dès les premières minutes. Mais qu'en est-il de la vie privée de votre enfant? Réflexion.

Son bébé sur les réseaux sociaux: est-ce raisonnable?
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S.C

Vous êtes de plus en plus nombreux à partager les photos de votre bébé sur Facebook. Une sorte de fierté parentale qui pose aussi la question de la vie privée de votre enfant. Selon une enquête britannique, une personne sur dix se hâte, dès la naissance, de prendre une photo de son nourrisson, bien avant la pesée. Notre monde « numérique » est ainsi fait. Mais pour pousser le vice encore plus loin, un Britannique sur cinq admet partager ces clichés sur les réseaux sociaux dans les 15 minutes.

Avec l'arrivée des réseaux sociaux, le comportement des jeunes parents a évolué. Désormais, ils n'hésitent plus à clamer leur joie au monde entier dès les premières minutes. D'ailleurs, la moitié des couples de plus de 60 ans interrogés pense « être passé à côté de quelque chose » et aurait souhaité partager la naissance de leur enfant sur Facebook ou Twitter.

Autre phénomène 2.0 très prisé: près d'un bébé britannique sur huit « détiendrait » son propre compte sur les réseaux sociaux. Aussi, 4% des parents l'ouvriraient même avant la naissance.

Qu'en est-il de la vie privée de votre enfant?

Si cette enquête a été réalisée en Grande-Bretagne, pays où les habitants sont habitués à partager leur vie sur les réseaux sociaux, le phénomène est courant en Belgique. Via ces nouvelles technologies, les parents accordent une place de plus en plus importante à leur enfant. Mais, est-ce que le portrait de nos enfants nous appartient? Certains parents y voient une violation au droit à l'image. Il est certain qu'un profil Facebook ou des photos partagées poursuivront bébé toute sa vie. Est-ce raisonnable lorsqu'on sait combien notre image est importante à l'adolescence, lorsqu'on rencontre quelqu'un ou encore dans sa vie professionnelle. Par exemple, vous vous amusez sur Facebook de la tête de votre petit bout lorsqu'il vient vous annoncer qu'il a fait pipi au lit, une petite anecdote que tous les parents vivent un jour. Imaginez-vous, plus tard, son futur employeur qui en rigole lors de l'entretien d'embauche après avoir découvert sur internet cet épisode honteux de son existence.

En principe, il est interdit, selon les conditions générales d'utilisation de Facebook, de s'inscrire sur le site lorsqu'on est âgé de moins de 13 ans. Cela dit, rien n'empêche de mentir tant que le réseau social ne le détecte pas. Peut-être est-il temps de réfléchir à l'impact de cet acte « de fierté » parentale sur le futur des enfants. Et si l'envie de partager sa joie de parents sur la toile est insurmontable ou « nécessaire » (éloignement de la famille, des amis, etc.), il est essentiel de contrôler la visibilité des informations postées sur les réseaux sociaux.

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