Cadeau de 60 millions de Belfius à l’ACW et au MOC
La banque Belfius a-t-elle fait un cadeau de près de 60 millions d’euros à l’ACW et à son pendant francophone MOC? C’est la question que se pose Albert Biebuyck, associé gérant de la société Investor Protection. Ses calculs paraissent imparables.
Publié le 08-03-2013 à 16h38 - Mis à jour le 08-03-2013 à 16h40
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La banque Belfius (ex-Dexia Banque) a-t-elle fait un cadeau de près de 60 millions d’euros à l’ACW et à son pendant francophone MOC (Mouvement ouvrier chrétien)? C’est la question que se pose Albert Biebuyck, associé gérant de la société Investor Protection. Ses calculs paraissent imparables. Il démonte aussi certaines aberrations dans le système de dividendes privilégiés payés aux mouvements de la gauche chrétienne. Comment arrive-t-il aux 60 millions ? Au départ, il y a le prix d’achat des parts bénéficiaires de l’ACW et du MOC pour 110 millions. Dans le communiqué du 31 janvier 2013, la banque d’Etat explique qu’elle fait un bénéfice de 60 millions sur cette transaction puisque ces parts (considérées comme des fonds propres au sens strict également appelées Tier I) étaient comptabilisées à 170 millions d’euros. Elle a donc payé 65 % de la valeur nominale. Or, lors des transactions de rachat d’instruments de Tier I réalisées en février et mars 2012, Belfius a payé 25 % de la valeur nominale. "Comment ont-ils fixé (pour les parts bénéficiaires) ce prix qui se situe à des kilomètres des valorisations sur le marché de leurs autres instruments de Tier I ? C’est d’autant plus étrange de racheter ce papier plus cher qu’il est beaucoup moins liquide " , poursuit le spécialiste. Si on compare avec les rachats de début 2012, Belfius aurait dû payer 45, voire 50 à 60 millions de moins que le prix fixé. Du côté de chez Belfius, on explique que ces différents rachats "ne sont pas comparables", mais les raisons sont "difficiles à expliquer".
Surprises dans les dividendes
Autre point soulevé : les dividendes. L’associé d’Investor Protection a retrouvé dans les bilans tous les dividendes payés depuis 2005 (voir tableau). Et on découvre quelques surprises. Un : l’ACW et le MOC ont perçu la somme totale de 80 millions sur ces sept dernières années, dont les quatre dernières étaient marquées par la crise bancaire... Même dans les années de pertes comme en 2008 pour Dexia Insurance, des dividendes ont été payés. Et en 2010, ils sont montés jusqu’à 19 millions d’euros. Pour quelles raisons une telle hausse ? Si c’est lié aux contrats commerciaux, ne s’agit-il pas plutôt de commissions d’apport ? Si tel est le cas, cela a un impact fiscal. Une commission d’apport doit en effet être taxée différemment qu’un dividende. Du côté de Belfius, on explique cette hausse du dividende par un rattrapage des autres années.
Albert Biebuyck voit aussi un problème potentiel dans le bilan de Dexia Banque et Insurance. Pour lui, il pourrait y avoir "tromperie", dans la mesure où on ne peut pas qualifier de "dividendes préférentiels" des paiements qui seraient des rémunérations d’apport et qui semblent dus quel que soit le résultat de la société.
Ces bilans ont été approuvés par les conseils d’administration des deux institutions où on trouvait d’anciens ministres, mais aussi des représentants syndicaux (comme Claude Rolin, secrétaire général de la CSC) ou encore les patrons de l’ACW (Patrick Develtere) et du MOC (Thierry Jacques).
Albert Biebuyck s’interroge aussi sur le titre du communiqué du 31 janvier 2013, qui dit que la société "renforce sa base de capital". "Cette communication me semble tout à fait trompeuse", assène Albert Biebuyck, pour qui c’est plutôt le contraire qui se passe. "Au vu de cela, Belfius aurait d’ailleurs dû demander le feu vert de l’Europe sur cette opération", estime Albert Biebuyck. Cette transaction, qui n’a pas d’impact négatif sur les fonds propres, ne devait pas être soumise à l’Europe, rétorque-t-on chez Belfius.
Le personnel de l'ACW craint de nouveaux licenciements
Les employés de l'ACW, le pendant flamand du Mouvement ouvrier chrétien (MOC), sont inquiets. Des licenciements supplémentaires ne sont pas à exclure, indique le secrétaire LBC, Jeroen Vandamme. L'ACW a essuyé plusieurs coups durs financiers ces derniers temps. Le mouvement avait déjà perdu de nombreuses réserves à l'occasion de la liquidation d'Arco et, jeudi, on apprenait que l'ACW renonçait à son accord commercial avec Belfius.
Le mouvement avait déjà annoncé en novembre une restructuration. Sur les quelque 200 employés, une cinquantaine de personnes sont parties, via la prépension, des emplois de fin de carrière ou des replacements en interne. Mais avec les nouvelles difficultés, il est quasi certain que d'autres postes vont passer à la trappe, selon M. Vandamme.
Le personnel a donc du mal à cacher son inquiétude. "Mais il y a aussi du mécontentement. Les employés sont fâchés que le mouvement pour lequel ils travaillent soit continuellement discrédité", précise le syndicaliste. La confiance dans la hiérarchie de l'ACW est cependant maintenue, selon lui. Au MOC, la CNE ne nourrit par contre pas trop d'inquiétude en terme de personnel.
Les derniers événements auront certainement des incidences sur le budget dans les quelques années à venir mais les craintes sont moins importantes pour le personnel, notamment en raison d'un mode de financement différent de celui en vigueur à l'ACW.
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