L'euro toujours en baisse, le marché scrute Chypre

L'euro perdait un peu de terrain face au dollar jeudi, dans un marché optant pour la prudence alors que la crise chypriote restait au centre des inquiétudes des cambistes et que l'activité en zone euro s'est nettement contractée en mars.

L'euro toujours en baisse, le marché scrute Chypre
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AFP

L'euro perdait un peu de terrain face au dollar jeudi, dans un marché optant pour la prudence alors que la crise chypriote restait au centre des inquiétudes des cambistes et que l'activité en zone euro s'est nettement contractée en mars. Vers 14H00 GMT (15H00 à Paris), l'euro valait 1,2904 dollar contre 1,2937 mercredi vers 21H00 GMT. L'euro baissait également face à la monnaie nippone, à 122,89 yens contre 124,17 yens mercredi soir

Le dollar aussi reculait face à la devise japonaise, à 95,23 yens contre 95,98 yens mercredi soir. La monnaie unique européenne était fragilisée jeudi par l'annonce d'une accélération en mars de la contraction de l'activité privée dans la zone euro, avec un indice PMI composite à 46,5, ce qui pourrait signifier une intensification de la récession au cours des prochains mois.

Ces chiffres ont été "une grosse déception" car l'indice pour l'Allemagne, la plus grosse économie européenne, s'est avéré en deçà des prévisions, avec un recul à 51,0, commentait Kathleen Brooks, analyste chez Forex.com. En ce qui concerne Chypre, "un vent d'espoir s'était levé sur le marché des changes mercredi alimenté par la perspective de voir le drame chypriote arriver à son terme, grâce notamment à la possibilité de voir la Banque centrale européenne continuer à fournir des liquidités", commentaient les analystes de Commerzbank.

Mais la situation n'était toujours pas clarifiée alors que Chypre a exclu jeudi une taxe impopulaire sur les dépôts bancaires et envisage désormais la création d'un fonds d'investissement pour lever plusieurs milliards d'euros dans le cadre du plan de sauvetage de l'île. "Jusqu'à ce qu'une vraie avancée soit réalisée, les rumeurs vont continuer à dicter les mouvements du marché des changes" et continuer de peser sur l'euro, expliquait-on chez Commerzbank.

Mais à l'inverse, si un accord était trouvé rapidement, l'euro pourrait se reprendre énergiquement dans les jours à venir, poursuivaient les experts de Commerzbank. Aux États-Unis, et comme attendu, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Ben Bernanke a réaffirmé mercredi la ligne ultra-accommodante de la politique monétaire de l'institution.

"Nous voyons des améliorations" à l'échelle de l'économie américaine, a déclaré M. Bernanke, citant notamment les derniers chiffres officiels de l'emploi et le niveau des nouvelles inscriptions au chômage, au plus bas depuis quatre ans. "Ce dont nous voulons nous assurer, c'est que cette amélioration n'est pas temporaire", a-t-il ajouté, rappelant les périodes d'embellie économique suivies de ralentissements par lesquelles est passé le pays depuis le début de la reprise à l'été 2009.

Au Japon, le nouveau gouverneur de la banque centrale japonaise, Haruhiko Kuroda, a indiqué qu'il ferait le maximum pour mettre un terme à la déflation qui handicape le pays depuis une quinzaine d'années. Choisi fin février par le Premier ministre de droite Shinzo Abe et confirmé le 15 mars par le Parlement, M. Kuroda est un partisan déclaré de la politique monétaire très accommodante préconisée par le gouvernement. La devise japonaise s'est fortement affaibli depuis les élections législatives de décembre qui vu le retour au pouvoir de M. Abe.

La devise britannique était de son côté soutenue par le fort rebond, bien supérieur aux attentes des analystes, des ventes de détail au Royaume-Uni en février. Vers 14H00 GMT, la livre britannique progressait face à la monnaie unique européenne, à 85,19 pence pour un euro, grimpant même vers 11H30 GMT à 84,89 pence, son plus haut niveau depuis cinq semaines et demi. La livre sterling était également en hausse face au billet vert, à 1,5147 dollar, après avoir atteint vers 11H05 GMT 1,5210 dollar, son niveau le plus élevé depuis trois semaines.

La devise helvétique se stabilisait face à l'euro, à 1,2222 franc suisse pour un euro, et reculait face au billet vert, à 0,9471 franc pour un dollar. L'once d'or a terminé à 1.608,75 dollars au fixing du matin contre 1.607,50 dollars mercredi soir. La devise chinoise a fini à 6,2140 yuans pour un dollar contre 6,2118 yuans la veille.

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