Bourse: La crise chypriote, il ne manquait plus que ça !

En théorie, on aurait pu encore disserter pendant de longues heures sur le bilan des résultats des principales entreprises belges, européennes et internationales.

Bourse: La crise chypriote, il ne manquait plus que ça !
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Yves Cavalier

En théorie, on aurait pu encore disserter pendant de longues heures sur le bilan des résultats des principales entreprises belges, européennes et internationales. Et à l’heure où se termine le premier trimestre de 2013, on aurait également pu revoir à la hausse les perspectives de croissance, à tout le moins pour le deuxième semestre. En théorie, on aurait pu effectivement débattre de tout cela et, en conséquence, s’interroger sur la pertinence des sommets qui ont été atteints à Wall Street, sur l’insolente reprise du Japon et sur les chances de voir la zone euro remise d’aplomb rapidement pour profiter, elle aussi, de ce parfum de reprise.

On avait oublié la poudrière

Mais tout cela c’est la théorie. Et dans la pratique, la semaine qu’on vient de vivre débouche sur tous les sentiments sauf sur l’optimisme. C’est qu’on se serait réellement bien passé de cette crise chypriote qui remet en question bien des certitudes trop rapidement établies au lendemain des crises grecque, espagnole ou italienne. On avait oublié Chypre ! Ce petit bout d’île de 9 251 kilomètres carrés, politiquement coupé en deux par d’ancestrales querelles qui donnent à la Turquie le contrôle du nord du territoire. Sans même parler des espaces que les Britanniques s’y sont assurés.

On avait oublié que ce petit bout d’île était finalement une poudrière capable d’ébranler à son tour, voire de mettre en péril le fragile esquif financier que l’Europe a tenté de remettre à flot. C’est que Chypre, c’est en fin de compte un concentré de la Grèce et de l’Espagne réunies : une gestion économique désastreuse et un secteur bancaire au bord de la faillite. Soit, pour être concret, une facture de 16 milliards d’euros à combler au plus vite pour éviter la faillite de l’île et le fameux effet domino souvent évoqué ces derniers mois.

Comme des manches

D’où la pression extraordinaire qu’a subie le gouvernement chypriote pour administrer un remède de cheval qui coûte quelque 6 milliards à ses insulaires, condition indispensable pour obtenir une aide de 10 milliards supplémentaire de l’Eurogroupe. Force est de constater que si le diagnostic était malheureusement le bon, une fois de plus il est bien tardif et que le plan imposé par la zone euro tient du "sauve-qui-peut". Pas étonnant dès lors que dans l’urgence, on s’y soit pris comme des manches !

Comment le gouvernement de Chypre a-t-il pu imaginer une seule seconde qu’un plan qui prend en otage les épargnants qui sont totalement innocents dans les erreurs de leur banque allait passer la rampe sans problème ? Pire, comment l’Eurogroupe - et son nouveau président - a-t-il pu avaliser une telle initiative sans anticiper les dégâts collatéraux qu’une telle décision allait provoquer sur l’ensemble de la zone euro et même ailleurs dans le monde ? Vraiment, on n’avait pas besoin de cela. On a vu l’euro repasser soudain en dessous de la barre d’1,30 dollar et, forcément, les marchés obligataires ont assisté au traditionnel flux migratoire vers les Bunds allemands.

Dommage

Outre les tensions obligataires, les marchés d’actions ont également déprimé. Dans une moindre mesure sans doute mais une fois de plus, c’est le secteur bancaire qui a été la première victime des inquiétudes du marché. Pourtant, les choses s’améliorent de semaine en semaine pour KBC par exemple, laquelle vient de récolter pas loin d’1 milliard d’euros de la vente de ses intérêts en Pologne.

Et dans un autre registre, on a même assisté à un regain d’intérêt pour GDF Suez que le broker HSBC vient de replacer sur sa liste d’achat. L’objectif de cours est placé à 18 euros. Ce qui a eu pour effet de faire progresser le titre de plus de 2 % vendredi pour le hisser à 15 euros.

Même si cet objectif correspond à peine à la moitié de ce que valait l’action en 2008, voilà tout de même une nouvelle qui devrait satisfaire Albert Frère à quelques semaines de l’assemblée générale du Groupe Bruxelles Lambert, assemblée qui devrait reconduire un certain Maurice Lippens dans ses fonctions d’administrateur. Si la majorité en décide ainsi


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