Barroso: "Le modèle chypriote n'était plus viable"

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé lundi matin que le plan de sauvetage élaboré pour Chypre était "à même de stabiliser la situation" du pays. De son côté, Barroso a souligné que "la taille du secteur financier n'était pas soutenable" à Chypre.

Barroso: "Le modèle chypriote n'était plus viable"
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Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé lundi matin que le plan de sauvetage élaboré pour Chypre était "équitable" et "à même de stabiliser la situation" du pays.

"Le résultat (des négociations) est équitable pour tous les intéressés", a dit le ministre, qui présentait à la presse allemande ce plan élaboré à Bruxelles pendant la nuit au terme d'ardues négociations, et qui prévoit entre autres le démantèlement de la deuxième banque chypriote.

"Avec la solution trouvée, Chypre a une bonne chance de restaurer la confiance perdue", a estimé le grand argentier allemand, qui a reconnu qu'arriver à cette solution avait été "laborieux". "C'est la meilleure voie possible même si ce n'est pas une voie facile", a-t-il encore insisté.

Les députés allemands devront se pencher sur le plan, et ce en deux fois, conformément à la législation allemande sur l'utilisation du mécanisme de sauvetage européen MES, auquel l'Allemagne est le plus gros contributeur.

Une première séance consacrée à Chypre pourrait avoir lieu dès cette semaine, a précisé M. Schäuble, la décision à ce sujet devant être prise avant la fin de la journée. Si ce n'est pas le cas, les deux votes auront lieu pendant la troisième semaine d'avril. Quoi qu'il en soit, l'adoption définitive du plan est prévu pour la troisième semaine d'avril.

Barroso: "Le modèle chypriote n'était plus viable"

"Le modèle chypriote n'était plus viable", a affirmé lundi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, au lendemain d'un accord sur un plan européen qui risque de s'avérer très douloureux pour l'économie du pays. Il a appelé à un "redémarrage".

Interrogé sur le sujet lors d'un bref point de presse, M. Barroso a souligné que "la taille du secteur financier n'était pas soutenable" à Chypre. Quant à la question du blanchiment d'argent que le pays est soupçonné d'avoir favorisé, "c'était une source de préoccupation pour l'opinion publique dans certains États membres", a estimé le président de la Commission. Le désendettement et le changement de modèle seront difficiles pour la population chypriote, a admis M. Barroso, pour qui le pays doit désormais "trouver de nouvelles sources de croissance". Il a appelé les autres États membres à faire preuve de "solidarité concrète" vis-à-vis de Chypre, en plus de l'aide de 10 milliards d'euros qui sera déboursée par le Mécanisme européen de stabilité (MES). Notant la petite taille de l'économie du pays, il a souligné que "quelques investissements de sociétés européennes" pourraient faire la différence. Chypre "peut connaître un redémarrage", selon lui.

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