Édito: Sauver Chypre. Oui mais

Nouvelle course contre la montre à Bruxelles. Cette fois, c’est la bombe chypriote que tentaient de désamorcer dimanche soir les ministres de Finances de l’Eurogroupe.

Édito: Sauver Chypre. Oui mais
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Nouvelle course contre la montre à Bruxelles. Cette fois, c’est la bombe chypriote que tentaient de désamorcer dimanche soir les ministres de Finances de l’Eurogroupe. Face à eux, le président chypriote Nicos Anastasiades prié de joindre le geste à la parole - en taxant les dépôts bancaires, une première en Europe - en échange d’une bouée de sauvetage de dix milliards d’euros. Objectif : éviter la banqueroute à l’île, dont le système financier prend l’eau, victime du naufrage grec. Au moment de boucler cette édition, il n’était pas certain qu’un accord pourrait être conclu entre Chypre, l’Union et le Fonds monétaire international.

Faut-il sauver Chypre à tout prix pour préserver l’intégrité de la zone euro ? Certains posent ouvertement la question aujourd’hui devant la nature opaque d’une économie "casino", dopée aux fonds russes et dont les banques sont perçues comme des usines à blanchir des capitaux douteux. Oui, il le faut, en dépit de ce constat terrifiant. Car "lâcher" Chypre reviendrait pour l’Europe à envoyer un signal "politique" désastreux, en rupture avec ses idéaux de solidarité et alors que d’autres économies, nettement plus "systémiques", restent hautement vulnérables. Maintenant, l’Union - qui "savait" pour Chypre et ne peut feindre l’étonnement - ne doit plus tolérer que se développent en son sein de tels systèmes financiers, créatures incontrôlables et capables de mettre à terre un pays tout entier.

La façon dont le cas chypriote a été géré jusqu’ici illustre aussi la difficile équation que doivent résoudre les Européens : réaffirmer la gouvernance commune, sans négliger la voix des Parlements nationaux. Il en va de son avenir du projet européen et de sa crédibilité auprès des citoyens.

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