Les marchés dans le rouge malgré l'accord sur Chypre

Les Bourses européennes ont fini dans le rouge lundi, de même que Wall Street à la mi-journée. L'euro a accéléré sa chute lundi en fin d'après-midi, atteignant son plus bas niveau depuis fin novembre.

Les marchés dans le rouge malgré l'accord sur Chypre
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AFP

Les Bourses européennes ont fini dans le rouge lundi, de même que Wall Street, malgré l'accord conclu dans la nuit entre Chypre et ses bailleurs de fonds internationaux qui permet au pays d'éviter la faillite mais fait craindre qu'il ne soit appliqué à d'autres pays.

Paris a perdu 1,12%, Francfort 0,51% et Londres 0,22%. En Espagne et Italie, pays fragiles de la zone euro, la chute a été encore plus brutale, -2,27% à Madrid et -2,50% à Milan.

Sur le marché des changes, l'euro, d'abord remonté au-dessus de 1,30 dollar sous l'effet de cette bonne nouvelle, reculait à 17H10 GMT à 1,2853, contre 1,2986 dollar vendredi soir.

Les marché ont souffert dans l'après-midi après "une déclaration du dirigeant de l'Eurogroupe (Jeroen Dijsselbloem, ndlr) qui a dit que le modèle utilisé par Chypre pourrait être appliqué à l'avenir dans d'autres cas", explique Andréa Tuéni, analyste de Saxo Banque.

"Contrairement à ce qui était dit la semaine dernière, Chypre n'est pas un cas particulier, ce qui suscite de l'anxiété. On vient de créer un précédent", ajoute-t-il.

Ces propos ont fait craindre aux investisseurs de possibles nouvelles pertes sur leur participation dans des banques des pays les plus en difficultés de la zone euro, qui auraient besoin d'être sauvées.

A l'ouverture, les marchés avaient pourtant salué cet accord obtenu à l'arraché. Chypre a trouvé dans la nuit de dimanche à lundi un accord avec ses bailleurs de fonds internationaux pour éviter sa faillite et sa sortie de la zone euro, au prix de lourdes pertes pour les créanciers de la première banque du pays et de la fermeture pure et simple de la deuxième.

Cet accord de principe conclu entre le président chypriote et les dirigeants de l'UE et du FMI puis avalisé par l'Eurogroupe, garantit à l'île un apport de 10 milliards d'euros moyennant de douloureux sacrifices pour les Chypriotes. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a appelé lundi à l'application de l'accord "le plus vite possible".

Celui-ci fournit "un plan complet et crédible pour traiter les défis économiques auxquels est confronté le pays", a estimé la directrice générale du FMI Christine Lagarde.

Mais certains ont relativisé: "si cet accord va permettre de rassurer les marchés, de nombreuses questions demeurent et au premier rang d'entre elles la sécurité des investissements dans les pays fragiles de la zone euro", notait ainsi le courtier IG Market.

"Cette incertitude risque de créer sur le plus long terme un mouvement de capitaux vers les actifs sûrs", soulignait-il.

L'accord prévoit la disparition de la banque Laïki, la deuxième du pays, selon une source européenne. Les détenteurs d'actions, d'obligations et les dépôts au-dessus de 100.000 euros seront durement frappés, mais ceux dont les dépôts sont inférieurs à 100.000 euros les verront garantis.

L'euro au plus bas depuis quatre mois

L'euro a accéléré sa chute lundi en fin d'après-midi, atteignant son plus bas niveau depuis fin novembre, les investisseurs craignant que le plan de sauvetage de Chypre ne fasse office de précédent après des propos en ce sens du patron de l'Eurogroupe.

La monnaie unique a glissé à 1,2830 dollar vers 17H15 GMT, un plus bas depuis le 22 novembre. Il a ensuite tempéré ses pertes et s'inscrivait à 1,2851 dollar vers 17H30 GMT.


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