Une enquête de l’UCM jauge l’impact des fermetures chez ArcelorMittal

L’Union des classes moyennes (UCM) de la province de Liège s’interroge sur les conséquences économiques pour les PME et les TPE des fermetures chez ArcelorMittal Liège. Elle a procédé à une enquête à ce sujet auprès de ses affiliés liégeois. Sur les 7000 commerçants approchés, 207 ont répondu au questionnaire concocté par l’UCM. 17 % des sondés travaillent directement avec le groupe Mittal.

I.L.

L’Union des classes moyennes (UCM) de la province de Liège s’interroge sur les conséquences économiques pour les PME et les TPE des fermetures chez ArcelorMittal Liège. Elle a procédé à une enquête à ce sujet auprès de ses affiliés liégeois. Sur les 7000 commerçants approchés, 207 ont répondu au questionnaire concocté par l’UCM. 17 % des sondés travaillent directement avec le groupe Mittal.

L’UCM tire un premier enseignement des réponses fournies par les commerçants et entrepreneurs liégeois : 46 % des entreprises, tous secteurs confondus, estiment que la réduction des activités chez le sidérurgiste a actuellement un impact sur leur chiffre d’affaires (CA). Les plus touchées sont celles qui ont un lien commercial avec Mittal. Elles observent une baisse de leur CA pouvant dépasser les 20 %.

Et quand on leur demande de se projeter d’ici à 3 ans, 92 % des entreprises liées à ArcelorMittal estiment que leur situation va empirer.

L’impact des fermetures serait moindre en ce qui concerne la politique d’engagement des entreprises. Les sondés n’envisagent pas de licenciements, un peu de chômage économique tout de même. En moyenne, 17 % des entrepreneurs annoncent le gel de l’embauche dans leur société. Ce pourcentage passe à 36 pour les entreprises liées à la sidérurgie. Dans les trois prochaines années, 8 % des chefs d’entreprises estiment qu’ils devraient avoir à licencier du personnel.

La situation chez ArcelorMittal va-t-elle pousser les entreprises à diversifier leurs produits ou services ? Pas tant que cela. Seuls 44 % des PME ayant la sidérurgie comme client songent à commercialiser de nouveaux produits. 72 % d’entre elles plébiscitent comme solution pour garder la tête hors de l’eau la recherche de nouveaux débouchés. Une de ces entreprises sur quatre songe à réduire son activité.

Et quand on demande aux sondés d’évaluer leur perception des possibilités de développement de leurs activités en province de Liège dans les trois prochaines années, 34 % se disent pessimistes, contre 19 % qui se déclarent optimistes.

Enfin, parallèlement à l’enquête, l’UCM souligne à quel point les petits commerçants installés autour des sites d’ArcelorMittal souffrent du climat ambiant. Leur clientèle, souvent composée d’ouvriers et d’employés de la sidérurgie, se fera moins nombreuse. L’image de marque des quartiers concernés se déprécie, ce qui n’augure rien de bon pour l’avenir.

Pour l’UCM, "ce sont sans surprise les entreprises qui entretiennent des relations directes avec ArcelorMittal qui souffrent le plus. Mais l’onde de choc traverse l’ensemble du tissu économique liégeois, avec une intensité variable selon les secteurs et le degré de dépendance avec le groupe. La situation économique d’une majorité de PME qui gravitent autour d’ArcelorMittal, ainsi que leur capacité à générer de l’emploi, nous semblent mises à mal et nécessitent une intervention spécifique des pouvoirs publics."

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