New B vise un capital de plusieurs dizaines de millions d’euros

Le compteur est en train de s’affoler pour New B, la coopérative qui a comme projet le lancement d’une banque citoyenne. Lundi soir, ils étaient plus de 30 000 coopérateurs à avoir pris une part de 20 euros.

placeholder
© Belga
Ariane van Caloen

Le compteur est en train de s’affoler pour New B, la coopérative qui a comme projet le lancement d’une banque citoyenne. Lundi soir, ils étaient plus de 30 000 coopérateurs à avoir pris une part de 20 euros. La décision sur le lancement doit se prendre le samedi 6 juillet lors d’une assemblée où il devrait avoir foule.

Alors qu’il reste 90 jours de campagne, Bernard Bayot, président de la coopérative, nous explique comment pourrait fonctionner cettte future banque. Il reconnaît que le modèle financier mis sur papier au cours de ces deux dernières années devra être modifié notamment pour intégrer les chiffres de clientèle supérieurs aux attentes. Toutefois, certains éléments se dessinent déjà.

Pour le capital, le but de la coopérative est "d’aller bien au-delà du minimum légal de 6,2 millions d’euros. On se situe dans une zone de plusieurs dizaines de millions d’euros", explique-t-il. Sachant que l’objectif est de répondre aux critères légaux (Bâles III) et d’offrir une plus grande stabilité de fonds propres.

Des agents mobiles

Pour trouver les capitaux, Bernard Bayot cite trois sources. Un : les coopérateurs. Deux : il n’est pas impossible qu’il y ait une participation publique étant donné que les trois Régions soutiennent la phase de recherche. Trois : il faudra des investisseurs privés qui complètent le tour de table. "Il faut, parmi les actionnaires, des institutionnels qui puissent recapitaliser de manière assez rapide si nécessaire - par exemple s’il y a un afflux d’épargne qui arrive - et qui auront aussi une expertise financière". Sur les noms d’institutionnels, Bernard Bayot ne veut pas en dire plus même s’il affirme que des contacts ont été pris.

New B a d’ores et déjà annoncé qu’elle veut être une banque offrant tous les services y compris les paiements (ce qui n’est pas le cas de la banque durable Triodos). "Nous visons un niveau de clientèle plus important que Triodos qui a eu 50 à 60 000 clients en vingt ans alors que nous avons eu 30 000 coopérateurs en 8 jours."

En termes d’agences, New B compte se reposer sur un modèle mixte, c’est-à-dire basé sur Internet et sur des agences. Mais ce ne sera pas un réseau dans le sens classique du terme. "Nous faisons le pari d’avoir la plus grande visibilité bancaire en Belgique grâce non pas à des agences mais à des points de contact un peu partout dans le pays. On donnera la possibilité d’avoir le passage d’agents mobiles. C’est un modèle tout à fait novateur".

Autre question : la gouvernance. Bernard Bayot bat en brèche l’idée que le conseil d’administration sera superpuissant. " L’assemblée aura une capacité d’impulsion importante." Notamment sur la politique de crédit. Ce qui, du reste, met en doute l’efficacité du système, selon certains experts bancaires.

Et qui pourrait être le futur CEO de cette nouvelle banque ? Bernard Bayot est-il tout désigné ? L’intéressé reste prudent. "Le casting n’est pas encore établi. Toutes les hypothèses sont ouvertes", explique-t-il. Ce qui est sûr, c’est que ce projet suscite beaucoup d’intérêt dans le monde de la finance. "On reçoit des CV pour toutes les fonctions."

Sur le même sujet