Édito: Palpitations

Les adeptes d’optimisation fiscale vivent un moment désagréable. Car une liste existe. L’accueil que reçoit le document à travers le monde qui pourrait bien susciter chez eux un examen de conscience. Un édito de Gilles Milecan.

Édito: Palpitations
©Reporters

Quelques palpitations. La respiration coupée. Le souffle court. Des yeux qui s’écarquillent. Un soudain hoquet. Une brève contraction cardiaque. Les adeptes d’optimisation fiscale vivent un moment désagréable. Car une liste existe. Leurs noms n’y figurent pas nécessairement mais c’est l’accueil que reçoit le document à travers le monde qui pourrait bien susciter chez eux un examen de conscience. Les administrations des finances, les ministres responsables de la lutte contre la fraude fiscale et les citoyens saluent une publication qui, pourtant, semble bien être la conséquence d’une appropriation illégale de données secrètes.

Mises en cause, quelques têtes dépassant des parasols ont répondu fièrement que leur échafaudage n’est appuyé sur aucune décision frauduleuse, ni même sur le moindre élément illégal.

La condamnation est morale.

Exit l’examen de conscience.

Ce qui se fait ou ne se fait pas n’est pas uniquement une question de morale ou une position éthique.

Il est en effet peu de valeurs prétendant à l’universalité. Peu de lois aussi, certes.

Mais il est plus sain de se baser sur celles-ci pour condamner une pratique, une action, un comportement. Plus efficace aussi. Car les règles et les textes légaux, bien qu’ils souffrent souvent l’interprétation sont, contrairement aux jugements de valeur, potentiellement assortis de sanctions.Ils sont plus légitimes aussi.

Ce sont bien des valeurs qui mènent à la rédaction de législations. Pour passer d’un statut à l’autre, elles doivent traverser, en démocratie du moins, un débat parlementaire.

En finir avec l’opacité qui est la raison même de l’existence de certaines structures ou contrats demande non seulement que les législateurs équipent mieux leurs administrations mais aussi qu’ils cessent de croire, par méconnaissance ou par mauvaise volonté, qu’agir est inutile ou contre-productif.

Sur le même sujet