Édito: Le (tout) petit pas du Luxembourg

C’est une phrase que beaucoup d’Européens attendaient depuis longtemps. Mercredi, le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a annoncé que le Grand-Duché passerait à l’échange automatique d’informations sur l’épargne à partir du 1er janvier 2015.

Édito: Le (tout) petit pas du Luxembourg
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C’est une phrase que beaucoup d’Européens attendaient depuis longtemps. Mercredi, le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a annoncé que le Grand-Duché passerait à l’échange automatique d’informations sur l’épargne à partir du 1er janvier 2015. Autrement dit, les banques luxembourgeoises communiqueront automatiquement les intérêts perçus par des non-résidents au fisc du pays concerné. Ne sont pas visés des revenus tels que des dividendes ou des produits d’assurance comme la Branche 21.

La concession faite par le Luxembourg - qui est le seul pays de l’Union avec l’Autriche à refuser l’échange d’informations - est donc d’une portée assez limitée. Mais elle était inéluctable compte tenu de la pression croissante contre l’évasion fiscale suite notamment aux dérives de Chypre ou à l’affaire du "offshore leaks". Cette pression vient aussi des Etats-Unis, qui sont arrivés à pousser la Suisse à lever partiellement son secret bancaire dans le cadre de la législation Fatca.

Pour les contribuables belges, le message est clair et pourrait encourager nombre de ceux qui ont des avoirs cachés à régulariser leur situation lors de l’amnistie étendue pour juillet.

Toutefois, le Luxembourg n’a fait qu’un (tout) petit pas. Il reste, comme d’autres pays y compris dans l’Union européenne d’ailleurs, un paradis fiscal à bien des égards. Son geste apparaît avant tout comme symbolique. Et devrait surtout avoir un impact sur les "petits" épargnants. On ne peut en dire autant des sociétés qui pourraient continuer à profiter de la désolante absence d’harmonie fiscale en Europe.

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