Les besoins de Chypre passent de 17,5 à 23 milliards d'€

Les bailleurs de fonds internationaux - UE et FMI - se sont engagés à apporter 10 milliards d'€ dans le cadre du plan de sauvetage en contrepartie de mesures d'austérité et d'une restructuration drastique du système bancaire de Chypre.

Les besoins de Chypre passent de 17,5 à 23 milliards d'€
AFP

Les besoins de Chypre dans le cadre d'un plan de sauvetage de l'île au bord de la faillite sont passés de 17,5 à 23 milliards d'euros, a indiqué jeudi le porte-parole du gouvernement à Nicosie. "C'est un fait, le mémorandum de novembre parlait d'environ 17,5 milliards de financements nécessaires. Ce chiffre est désormais de 23 milliards d'euros", a indiqué Christos Stylianides.

Les bailleurs de fonds internationaux -Union européenne et Fonds monétaire international- se sont engagés à apporter 10 mds d'euros dans le cadre du plan de sauvetage en contrepartie de mesures d'austérité et d'une restructuration drastique du système bancaire de Chypre. Les ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir vendredi à Dublin pour discuter de la crise financière à Chypre.

Le plan d'aide prévoit théoriquement que Chypre reçoive 9 milliards d'euros de la zone euro, via son fonds de secours et 1 milliard du FMI. Ces sommes devraient en grande partie servir à la recapitalisation des banques chypriotes. En échange, le pays devait trouver initialement 7 milliards d'euros, une somme évaluée désormais à 13 milliards.

La majeure partie de la part de Chypre viendra de la restructuration des banques comprenant une ponction imposée à certains déposants, et le reste de privatisations, de la vente de réserves d'or excédentaires et de réformes douloureuses dont une hausse des impôts et une baisse du nombre de fonctionnaires.

Selon un rapport de la troïka (UE, FMI, Banque centrale européenne) révélé mercredi, au cas où la situation s'aggraverait, Nicosie "s'est engagé à prendre des mesures supplémentaires pour atteindre les objectifs définis dans le cadre du programme d'aide" décidé fin mars.

Le Premier indien appelle l'Europe à résoudre sa crise

En visite chez Angela Merkel, le Premier ministre indien Manmohan Singh a appelé jeudi les Européens à résoudre la crise de l'euro pour préserver la croissance mondiale et la vigueur du commerce international. Après le secrétaire américain au Trésor Jack Lew, M. Singh était le deuxième dirigeant cette semaine à venir relancer les Européens sur la nécessité de résoudre leurs problèmes et de générer de la croissance.

"J'ai dit à Mme Merkel que nous voulions une zone euro qui prospère, qui sorte de la crise", a déclaré le chef de gouvernement indien lors d'une conférence de presse commune avec son hôte, au terme de consultations bilatérales entre les deux gouvernements.

"Une zone euro forte est dans l'intérêt de tous les pays en développement", a-t-il ajouté, car "le commerce (international) ne peut pas rester soutenu s'il y a des problèmes dans une partie du monde comme la zone euro".

"L'Allemagne perçoit comme son devoir absolu non seulement d'assurer la stabilité de la zone euro mais aussi de garantir son avenir", a dit pour sa part la chancelière, qui ne veut pas que l'Europe soit "une source d'irritation" pour ses partenaires. Elle en a profité pour refaire passer son message de toujours: les problèmes de l'union monétaire ne seront pas résolus "en dépensant plus d'argent, mais par des réformes structurelles".

Egalement à Berlin mardi, l'Américain Jack Lew avait fait des appels du pied appuyés à l'Allemagne pour qu'elle consente à des politiques de relance. "Nous devons arriver à une appréciation commune de ce qui crée de la croissance, comment nous pouvons générer de la croissance", a dit la chancelière, alors que l'antagonisme en Europe entre partisans de la relance et tenants d'une stricte discipline budgétaire semble au plus haut.

"Le fait que l'économie allemande continue à être si forte" et l'engagement de la chancelière elle-même "me rendent confiant que la crise de la zone euro sera combattue efficacement dans les mois à venir", a dit M. Singh, louant "la grande clairvoyance" de son interlocutrice. L'un des grands sujets évoqués pour relancer la croissance est le projet d'accord de libre-échange entre l'Inde et l'Union européenne, dont les négociations, en cours depuis plus de cinq ans, achoppent sur plusieurs points.

Parmi eux: le degré de protection de l'industrie automobile, l'ouverture du marché indien des assurances ou encore la question de la propriété intellectuelle. Mme Merkel a décrit les négociations comme étant dans une phase "très dynamique" et a déclaré voir "une possibilité de tomber d'accord" sur le volet agricole de l'accord. Cet accord, que New Delhi espérait boucler avant fin 2011, doit faire passer le commerce entre l'Inde et l'Union européenne à 237 milliards d'euros par an d'ici 2015, contre plus de 90 milliards d'euros à l'heure actuelle.

Une partie de la délégation indienne présente à Berlin doit se rendre à Bruxelles pour y rencontrer le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht et poursuivre les discussions. A l'occasion de la visite de M. Singh, accompagné de plusieurs de ses ministres, des accords bilatéraux ont été signés entre les deux gouvernements sur le soutien à l'apprentissage de la langue allemande en Inde, une coopération dans le secteur de la sécurité civile ou encore le développement des réseaux électriques et des énergies renouvelables en Inde.

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