ArcelorMittal: Liège bientôt fixé sur son sort; celui de Florange est scellé

C’est donc ce mardi après-midi que la "task force" ArcelorMittal rendra ses conclusions. Ce groupe de travail tente depuis le mois de février de trouver des pistes pour sauver la bassin sidérurgique liégeois.

Isabelle Lemaire
ArcelorMittal: Liège bientôt fixé sur son sort; celui de Florange est scellé
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C’est donc ce mardi après-midi que la "task force" ArcelorMittal rendra ses conclusions. Ce groupe de travail, comprenant des représentants des syndicats, du gouvernement wallon, de la banque d’affaires Degroof et du cabinet de consultants Roland Berger, tente depuis le mois de février de trouver des pistes pour sauver la bassin sidérurgique liégeois.

Les syndicats ne s’attendent pas à de très bonnes nouvelles, ni même à des conclusions définitives. On devrait en effet confirmer le chiffre de 1 voire 1,5 milliard d’euros pour maintenir une sidérurgie intégrée à Liège et le fait qu’aucun repreneur ne s’est manifesté pour les outils condamnés par Mittal, hormis la cokerie (voire ci-contre).

"Je pense que lors de cette réunion, on va se contenter de nous rappeler toutes les pistes industrielles connues depuis longtemps. A charge ensuite de les étudier sous les angles de la faisabilité et de la rentabilité", avance Jordan Atanasov de la CSC Metea. Voilà qui, le cas échéant, prolongerait encore un peu plus l’agonie des travailleurs (qui veulent que la procédure Renault arrive rapidement à son terme), même si les syndicats affirment qu’ils ne feront pas traîner cette phase d’examen.

Des scénarios connus et bancals

Ces pistes qui devraient être rappelées, quelles sont-elles ? Celle d’un repreneur total ou partiel pour la phase à chaud et les sept lignes de froid fermées. A écarter, plus que probablement. Et des scénarios industriels dont une diversification des produits qui repose sur une filière commerciale que Liège n’a pas ; une exportation des produits au-delà de 500 km ou encore la gestion du site sur un modèle autonome tel que développé en Allemagne.

A la FGTB, on n’en démord pas : il faut trouver une solution pour sauvegarder l’activité. "Le ministre Marcourt l’a répété plusieurs fois : la Région n’exclut pas un portage temporaire", lance Jean-Luc Rader de la FGTB Métal. Mais encore faudrait-il avoir les fonds nécessaires et surtout trouver un moyen de contraindre Mittal à vendre Et le syndicat socialiste menace : "Si la Région nous lâche, nous donnerons des consignes de vote".

La situation du bassin liégeois sera encore au centre des débats avec, mercredi, un conseil d’entreprise extraordinaire à Liège et un autre jeudi, mais européen celui-là, à Luxembourg. A l’ordre du jour de ce dernier, la lecture d’un rapport du groupe Syndex sur Liège et une séance de questions/réponses entre direction du groupe Mittal et syndicats.

A Florange, la procédure d’arrêt des hauts fourneaux débutera à la fin du mois. Ce processus, qui dure trois mois, entérinera la fin des activités du chaud, décidée par le groupe Mittal il y a près de deux ans. Pour les syndicats, qui ont appris la nouvelle vendredi dernier, il s’agit d’un coup dur. "Après deux années de combat, c’est une défaite : le gouvernement a signé la fermeture des hauts fourneaux, la mise en péril de la filière packaging et la mort de la vallée", a déclaré Walter Broccoli, délégué Force ouvrière.

629 emplois ont été supprimés dans la phase liquide de Florange. Avec la fermeture de Duferco à La Louvière et l’activité de Liège réduite à peau de chagrin, la sidérurgie européenne traverse décidément une très grosse tempête.

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