Édito : Hauts salaires et coup médiatique

Pour une première, c’est une surpenante première. Mercredi, lors de l’assemblée annuelle de Belgacom, l’Etat belge, l’actionnaire majoritaire, n’a pas approuvé le rapport de rémunération. Personne ne s’attendait à ce choix voulu par le ministre PS des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille.

Édito : Hauts salaires et coup médiatique
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Pour une première, c’est une surpenante première. Mercredi, lors de l’assemblée annuelle de Belgacom, l’Etat belge, l’actionnaire majoritaire, n’a pas approuvé le rapport de rémunération. Personne ne s’attendait à ce choix voulu par le ministre PS des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille.

Disons-le clairement, cela ne privera pas le patron de l’opérateur télécom Didier Bellens de sa rémunération de 2,44 millions d’euros en 2012. Mais cela va obliger le conseil d’administration - dont 7 membres sur 14 sont nommés par l’Etat - à revoir sa copie pour 2013. En particulier en ce qui concerne les rémunérations des membres du conseil d’administration qui, à entendre M. Labille, sont trop bien payés (environ 70 000 euros pour une dizaine de réunions par an et 182 000 pour le président).

C’est un beau coup médiatique que vient de réaliser le successeur de Paul Magnette. Et cela sur un terrain où le gouvernement est allé, jusqu’à maintenant, de reculade en reculade. On attend toujours la loi sur la limitation des salaires dans les entreprises publiques Mais quelles seront les conséquences de ce coup ? Patron d’une société cotée, Didier Bellens ne manquera pas d’arguments pour défendre sa rémunération. Dont celui dogmatique et économiquement discutable que c’est le prix à payer pour trouver un dirigeant à même de relever les défis de l’entreprise. Un argument qu’on entendait aussi pour les banquiers

Bref, pour Belgacom, l’Etat belge risque de se heurter aux diktats et dérives capitalistiques propres aux sociétés cotées. Mettre le holà ne sera pas facile.