Jean-Pascal Labille, prêt au bras de fer avec Belgacom

Coup de théâtre chez Belgacom : l’Etat, l’actionnaire majoritaire, n’approuve pas le rapport de rémunération lors de l’assemblée. Un acte fort du ministre PS des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille. Qui s’en prend notamment aux rémunérations des administrateurs.

Raphaël Meulders
Jean-Pascal Labille, prêt au bras de fer avec Belgacom
©n.d

Coup de théâtre chez Belgacom : l’Etat, l’actionnaire majoritaire, n’approuve pas le rapport de rémunération lors de l’assemblée. Un acte fort du ministre PS des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille. Qui s’en prend notamment aux rémunérations des administrateurs.

M. Labille, pourquoi avez-vous demandé aux représentants de l’Etat de s’abstenir lors de différents votes de l’Assemblée générale de Belgacom ?

Je me suis abstenu sur deux votes, celui des rémunérations des administrateurs indépendants et sur le rapport de rémunération. Dans une entreprise publique, il y a un certain nombre de règles de transparence qui doivent être respectées. Les rémunérations en font partie. Celles accordées aux administrateurs sont trop éleveés et je demande qu’on le revoit. On est arrivé dans des dérives et il faut remettre des limites.

Cette posture de l’Etat lors d’une AG est plutôt inédite, non ?

A ceux qui disent : "de quoi se mêle le ministre", je dis simplement : le point était à l’ordre du jour de l’Assemblée générale. En tant que représentant de l’Etat, je suis l’actionnaire principal, donc je me prononce puisque l’on me le demande. Il convient de remettre un peu de valeurs raisonnables dans cette société. Belgacom est encore une entreprise publique, n’en déplaise à certains. Et j’entends qu’elle le reste.

Si vous n’étiez pas d’accord, pourquoi s’être abstenu et ne pas avoir voté contre ces propositions ?

Je me suis abstenu pour que Belgacom me fasse d’autres propositions. Il faut que les organes de la société fonctionnent. Et si rien ne vient, ce qui est possible, je ferai mes propres propositions.

C’est aussi un message lancé à la direction et au conseil d’administration de Belgacom ?

Oui et il est clair. Le système de rémunération mis en place, avec stock option, etc., doit changer, surtout pour le top management. Cela manque de transparence. Belgacom doit changer son fusil d’épaule en la matière. Si la société ne change pas, on fera des propositions. Et elles passeront, puisque nous sommes actionnaires majoritaires.

Ne craignez-vous pas de vous lancer dans un bras de fer avec la direction et le CA de Belgacom ?

C’est possible, mais je n’en ai pas peur.

Concernant les rémunérations du top management, Didier Bellens, le CEO de Belgacom a perçu 2,4 millions d’euros en 2012. Cela vous choque ?

Est-il logique que M. Bellens gagne dix fois ce que gagne le Premier ministre, la réponse est clairement non. Mais nous sommes aussi dans un secteur des télécommunications qui est particulier. Il faut tenir compte d’un certain nombre de paramètres.

Où en est-on dans la discussion sur la limitation des salaires des top managers dans la fonction publique ?

J’avais toujours dit qu’après le conclave budgétaire, je ferais le tour de mes partenaires pour trouver un consensus. Ce n’est pas une discussion facile, mais on y arrivera. Avant les vacances, j’espère.