Dumping salarial :l’Allemagne réagit

Satisfaction pour les ministres belges Monica De Coninck et Johan Vande Lanotte : eux qui ont dénoncé la concurrence déloyale des abattoirs allemands, ont de bonnes chances d’obtenir gain de cause. Le nouveau gouvernement rouge-vert de Basse-Saxe, où sont implantées de grandes entreprises de la viande, a décidé d’augmenter la pression politique. Il va introduire au Bundesrat, chambre des Länder, une initiative réclamant un meilleur contrôle des sous-traitants qui versent des salaires de famine à des ouvriers roumains, bulgares ou hongrois.

Marcel Linden

Fini l’esclavage Correspondant en Allemagne

S

atisfaction pour les ministres belges Monica De Coninck et Johan Vande Lanotte : eux qui ont dénoncé la concurrence déloyale des abattoirs allemands, ont de bonnes chances d’obtenir gain de cause. Le nouveau gouvernement rouge-vert de Basse-Saxe, où sont implantées de grandes entreprises de la viande, a décidé d’augmenter la pression politique. Il va introduire au Bundesrat, chambre des Länder, une initiative réclamant un meilleur contrôle des sous-traitants qui versent des salaires de famine à des ouvriers roumains, bulgares ou hongrois.

Les majors allemands de la viande, Tönnies, Vion, Danish Crown, affirment qu’ils sont eux-mêmes favorables à un salaire minimum légal qui mettrait fin à la mauvaise presse. Hier le cabinet de la Basse-Saxe a adopté un texte empêchant le non-respect de la protection des salariés par des contrats d’entreprise factices. Il sera adopté au Bundesrat où l’opposition rouge-verte est majoritaire.

La question est de savoir comment se comportera la coalition chrétienne-libérale quand le Bundestag, la chambre basse, devra approuver ou rejeter l’initiative de loi. Le gouvernement Merkel sera pour le moins embarrassé.

Une véritable "escroquerie criminelle"

Le ministre social-démocrate de l’Economie de la Basse-Saxe, Olaf Lies, s’est dit "très préoccupé par le fait que certaines entreprises du secteur de la viande, surtout en Basse-Saxe" versent par l’intermédiaire de sous-traitants des salaires de dumping à des ouvriers étrangers, "ce travail d’esclave" ayant les dimensions "d’une escroquerie criminelle". Le ministre souhaite que les ouvriers soient déjà informés dans leur pays d’origine sur la fraude salariale qui les menace dans quelques abattoirs de Basse-Saxe.

De plus, le Land lui-même installera un centre d’information en faveur de ces salariés. Enfin, le ministre va recevoir des représentants patronaux du secteur pour les avertir que "plusieurs brebis galeuses ternissent la réputation de la région dans toute l’Europe". Les autorités interviennent : la semaine dernière des inspecteurs du Landkreis, l’arrondissement rural de Vechta ont contrôlé 120 dortoirs où étaient logés 1 300 ouvriers des abattoirs; les inspecteurs ont fermé des chambres insalubres totalisant 400 lits. Dans la région très catholique, le prêtre Peter Klossen, allié aux verts et syndicats, appelle à "la résistance contre cet esclavage moderne".