La fin d’une époque au Luxembourg

Le Luxembourg a longtemps été un havre de paix pour les Belges de soucieux soustraire une (bonne) partie de leur patrimoine au regard inquisiteur du fisc : il est vrai que les banquiers grand-ducaux les accueillaient à bras ouverts.

La fin d’une époque au Luxembourg
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P.D.-D.

Le Luxembourg a longtemps été un havre de paix pour les Belges soucieux de soustraire une (bonne) partie de leur patrimoine au regard inquisiteur du fisc : il est vrai que les banquiers grand-ducaux les accueillaient à bras ouverts, sans, manifestement, leur poser trop de question.

C’était aussi l’époque où aller toucher ses coupons au Luxembourg faisait partie du sport national belge, ce qui permettait à l’investisseur de ne pas payer de précompte sur les obligations achetées en Belgique.

Las, pour les amateurs d’escapades d’un jour au Grand-duché pour aller visiter, parfois, les filiales de banques belges, tout a une fin.

Le premier coup de semonce a été tiré par la Belgique voilà quelques années, lorsque le contribuable a dû mentionner dans sa déclaration s’il possédait ou non des comptes à l’étranger. De quoi sans doute en effrayer quelques-uns, même si le solide secret bancaire luxembourgeois facilitait le mensonge. Les banques luxembourgeoises ont rapidement trouvé la parade en proposant de transférer le pactole vers des produits d’assurance, qui n’intéressaient pas le fisc jusqu’à la déclaration fiscale de 2013. Vous devrez bientôt cocher une petite case pour dire si vous possédez ou avez possédé "un jour" un tel produit dans un pays étranger, et lequel. Un véritable coup de semonce pour des dizaines de milliers de Belges, d’autant que le secret sera levé en 2017 au plus tard dans le cadre d’un échange automatique d’informations sur les produits de branche 21 et 23.

Et comme, en plus, les Luxembourgeois commencent à parler de lever des pans du secret bancaire, tous les ingrédients sont réunis pour pousser les Belges à régulariser leur situation.

Des centaines de Belges ont depuis le début de l’année frappé à la porte de points de contact "régularisation fiscale", dans une proportion trois fois plus élevée que l’an passé à la même époque. C’est dire si un vent de panique commence à souffler sur le petit monde des fraudeurs. A tort ou à raison ? Voyez pour cela notre dossier dans "La Libre entreprise".


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