Emploi: la Belgique très en retard sur l'Allemagne

"Bien que la modernisation du marché du travail ne cesse d'interpeller les partenaires sociaux et les politiques, les avancées sont minces. Or travailleurs et employeurs belges réclament des mesures énergiques", analyse Tempo-Team.

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Emploi: la Belgique très en retard sur l'Allemagne

"Bien que la modernisation du marché du travail (en Belgique) ne cesse d'interpeller les partenaires sociaux et les politiques, les avancées sont minces. Or travailleurs et employeurs réclament des mesures énergiques", analyse Tempo-Team. Les personnes interrogées estiment que les récentes réformes en matière d'activation des chômeurs sont insuffisantes.

"Qu'il s'agisse de sanctions dures envers les chômeurs ou de mesures d'encadrement plus souples, travailleurs et patrons estiment qu'il est temps de prendre des mesures, portant par exemple sur les possibilités et les initiatives en matière de formation (obligatoire) et de stages pratiques ou l'augmentation de l'écart entre salaire minimum et allocation de chômage, voire la réduction accélérée des allocations de chômage au fil des mois", indique Tempo-Team.

Le travailleur licencié doit avant tout être encadré pour trouver un nouvel emploi, ressort-il également de cette étude. L'importance repose moins sur l'indemnité de licenciement que la remise au travail, estiment ainsi 59% des patrons et 55% des salariés de Belgique. La moitié des employeurs belges sondés demande un régime de licenciement plus souple. Une mesure acceptée par près d'un quart des salariés.

Selon l'étude, le fossé le plus important entre la Belgique et l'Allemagne concerne l'abaissement des charges pour l'emploi des travailleurs plus âgés, le relèvement de l'âge de la pension et l'allongement de la durée légale de la carrière. Les salariés des deux pays refusent tout relèvement de l'âge de la retraite, mais acceptent d'inciter activement les entreprises et les salariés à demeurer actifs plus longtemps par le biais de subventions, d'abaissement des charges, de quotas et de mesures de recyclage.

Pour combattre le vieillissement, des solutions telles que l'encadrement, la possibilité de travailler à temps partiel, les horaires flottants, la diminution de l'intensité de travail et les emplois combinés (poste occupé par deux travailleurs à temps partiel) font l'unanimité en Belgique, indique Tempo-Team. Pourtant, moins de la moitié des entreprises (40%) ont déjà établi un plan pour amortir les conséquences du vieillissement de leur personnel et à peine 10% des salariés ont connaissance d'un tel dispositif dans leur entreprise, alors que la CTT 104 oblige, depuis le début de l'année, les employeurs à agir dans ce sens.

Les patrons sont en outre nettement plus favorables (55%) que les salariés (28%) à faire évoluer le salaire non plus en fonction de l'ancienneté, mais bien du mérite. Plus de la moitié des salariés et des employeurs véhiculent toujours de nombreux préjugés envers les travailleurs aînés en ce qui concerne la flexibilité du travail, la capacité d'innovation et d'adaptation, voire l'absentéisme pour maladie. Pour 60% des personnes interrogées, ces préjugés représentent un frein à l'emploi des travailleurs de plus de 50 ans.

D'après l'étude de Tempo-Team, les flamands sont deux fois plus nombreux que les francophones (40 contre 20%) à attendre un impact positif de la régionalisation des compétences relatives au marché du travail. Plus de 55% des employeurs flamands envisagent favorablement la scission de la sécurité sociale pour optimaliser la politique du marché du travail. Les salariés flamands ne sont plus que 28% à penser de même, alors qu'ils étaient encore 57% en 2011 en faveur d'une scission de la sécurité sociale. Au sud du pays, celle-ci rallie 29% des employeurs et 23% des salariés.

Cette étude a été menée en ligne au premier trimestre 2013 sur un échantillon représentatif composé de 550 salariés et 200 managers en ressources humaines belges et de 529 salariés et 200 managers en ressources humaines allemands.

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