Ageas verse du cash à ses actionnaires

Près de cinq ans après le sauvetage du groupe financier Fortis, une page importante vient d’être tournée. Un accord a en effet été trouvé sur la vente de "Royal Park Investments" (RPI) dans lesquels avait été logés une grande partie des actifs toxiques de Fortis.

Ageas verse du cash à ses actionnaires
©Christophe Bortels
Ariane van Caloen

Près de cinq ans après le sauvetage du groupe financier Fortis, une page importante vient d’être tournée. Un accord a en effet été trouvé sur la vente de "Royal Park Investments" (RPI) dans lesquels avait été logés une grande partie des actifs toxiques de Fortis. C’est la société de "private equity" Lone Star, en collaboration avec Crédit Suisse, qui est l’acheteur. Essayons de voir tous les aspects de cette opération.

En mai 2009, la société RPI est créée avec comme objet de reprendre une (grande) partie d’actifs toxiques (subprimes etc.) de l’ex-Fortis. Le capital de la société s’élève alors à 1,7 milliard. Il est détenu à 44,70 % par Ageas (l’ex-Fortis Assurance), 43,53 % par l’Etat fédéral (via SFPI) et 11,77 % par BNP Paribas.

Cette "bad bank" est aujourd’hui vendue à un prix d’environ 2,3 milliards. Ce qui représente une plus-value de 600 millions à répartir entre les trois actionnaires. Ageas récupère un montant de 1,04 milliard. L’Etat belge encaissera aussi 1 milliard d’euros, soit 260 millions de plus que l’investissement initial (740 millions). "Le versement de 1 milliard permet une réduction de la dette de plus de 0,2 % du Produit intérieur brut" , annonce le ministre des Finances Koen Geens dans un communiqué publié samedi.

Le deal annoncé samedi a un autre volet. L’Etat va aussi racheter le "call" (option d’achat) dont bénéficie Ageas sur les actions BNP Paribas détenues par l’Etat belge. Pour rappel, ce "call" avait été accordé comme compensation de la vente de Fortis Banque au groupe français BNP Paribas. Il donne le droit de racheter, avant octobre 2016, les 10 % de l’Etat belge dans la banque française à un prix de 66 euros.

Option sur BNP Paribas

Pour racheter ce "call", l’Etat belge débourse 144 millions d’euros. Si l’on en croit le communiqué de Koen Geens, il avait tout intérêt à le faire. Cela lui permet de lever le risque que cette option soit exercée et rend ainsi la participation de l’Etat dans BNP Paribas plus facile à négocier. Même si Koen Geens laisse entendre qu’il n’y a rien dans "le pipeline". "La SFPI obtient ainsi la possibilité, au moment qu’elle jugera approprié, compte tenu de l’évolution du cours de l’action, de valoriser librement ses parts dans BNP Paribas sans devoir se couvrir contre le risque de l’exercice de cette option. Aucune intention d’une telle valorisation n’existe actuellement" , souligne le communiqué. L’opération n’a aucun impact sur le solde à financer, ni sur la dette de l’Etat. Elle "est en fait financée par les liquidités disponibles de la SFPI" , précise M. Geens.

Pour les actionnaires d’Ageas, elle aura un impact sonnant et trébuchant. Conformément à l’accord trouvé avec de la Commission européenne, le produit de la monétisation de l’option d’achat leur sera distribué. Le montant, qui doit être confirmé lors d’une assemblée prévue en septembre 2013, sera de 1 euro par action.

Reste à voir comment l’action Ageas va réagir à l’annonce de ces opérations.