Albert Frère achète la part des Agnelli dans la société SGS

Les choses n’ont pas traîné pour GBL. Deux semaines à peine après avoir bouclé la vente d’un bloc de 2,7 % dans GDF Suez, le groupe belge, contrôlé par les familles Frère et Desmarais, a annoncé le "deal" tant attendu.

Albert Frère achète la part des Agnelli dans la société SGS
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Ariane van Caloen

Les choses n’ont pas traîné pour GBL. Deux semaines à peine après avoir bouclé la vente d’un bloc de 2,7 % dans GDF Suez, le groupe belge, contrôlé par les familles Frère et Desmarais, a annoncé le "deal" tant attendu. Il a finalement jeté son dévolu sur SGS, une société suisse spécialisée notamment dans la certification. Il prend une participation de 15 % pour un montant de 2 milliards.

Le vendeur n’est autre que la famille Agnelli (l’actionnaire de Fiat) via la société cotée Exor, qui empoche une plus-value de 1,5 milliard d’euros. SGS aura en effet été une affaire en or pour les Agnelli : l’action a plus que triplé depuis l’entrée dans le capital il y a treize ans.

Albert Frère et Paul Desmarais "se félicitent que GBL devienne un actionnaire de référence de SGS aux côtés de la famille von Finck, un investisseur de long terme de la société", souligne le communiqué publié hier.

"Des tendances irréfutables"

Le prix payé par le groupe Frère représente 22 fois les bénéfices 2012. Un prix élevé ? "C’est un prix tout à fait justifié compte tenu à la fois des perspectives de croissance, de la génération de cash flows et du rendement dividendaire. C’est de plus une société peu "capital intensive" et faiblement endettée", expliquent Ian Gallienne et Gérard Lamarche, les deux administrateurs délégués de GBL. D’après eux, GBL a suivi le secteur de longue date et a su saisir cette opportunité unique d’acheter ce bloc de 15 % auprès de la famille Agnelli. "C’est une société extrêmement attractive. SGS est leader mondial dans son secteur avec des fondamentaux extrêmement solides et une évolution très positive tant en termes de croissance organique qu’externe. La société gagne des parts de marché chaque année", souligne-t-ils.

SGS affiche un chiffre d’affaires de 5,6 milliards de francs suisses dans un marché de l’inspection et du contrôle. Marché qui pèse 100 milliards d’euros que ce soit dans des secteurs aussi diversifiés que l’industrie, l’environnement ou la santé. "C’est un marché qui répond à des tendances irréfutables comme la mondialisation du commerce, le renforcement de la réglementation et le contrôle des filières d’approvisionnement. C’est un marché qui connaît une croissance à double chiffre, qui a créé beaucoup de la valeur au cours de ces dix dernières années. Et cela devrait se poursuivre ces prochaines années", poursuivent les deux administrateurs délégués.

"Cet investissement rentre tout à fait dans les critères définis par le groupe et ne remet pas en cause la politique de dividende de GBL", note de son côté Marc Debrouwer, analyste chez Petercam. Il voit d’un œil positif le fait que cet investissement intervienne peu de temps après la vente des 65 millions d’actions GDF Suez. L’analyste note que SGS est une société qui est "très bien gérée et qui n’a pas besoin de cash". D’où sa question : "quel rôle va jouer GBL comme actionnaire professionnel. Quelle sera son empreinte ?" A cela, les deux administrateurs répondent que SGS est active dans un marché "encore fragmenté" avec dès lors des perspectives de "consolidation dans les années à venir. GBL peut jouer un rôle actif".

D’autres investissements

A la suite de cette opération, GBL aura une trésorerie de 1 milliard et comptera sept grandes participations (Total, Lafarge, Imerys, SGS, Pernod Ricard, GDF Suez et Suez Environnement). Ce qui remplit son objectif notamment de diversification. "D’un point de vue stratégie, on a trouvé ce qu’on cherchait", expliquent les deux dirigeants. En revanche, dans la catégorie des plus petites entreprises (lesdites "pépinières"), "d’autres investissements sont possibles".

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