Bellens: 40 %, c’est bien aussi !

Didier Bellens accompagne le prince Philippe dans la mission économique en Californie. Et le patron de Belgacom surprend, notamment en évoquant la participation de l’État dans Belgacom. Une sortie qui fait réagir Jean-Pascal Labille.

Bellens: 40 %, c’est bien aussi !
©Belga
Francis Van de Woestyne, envoyé spécial aux Etats-Unis et L.Lam

Nous sommes dans les jardins de Walt Disney International. Didier Bellens, le CEO de Belgacom, explique les raisons de sa présence dans la mission économique conduite en Californie par le prince Philippe : chercher des opérateurs "over the top" qui pourraient apporter des contenus intéressants.

Au hasard des questions plus concentrées sur son entreprise, Didier Bellens surprend : avec 40 %, dit-il, l’Etat continuerait à contrôler Belgacom. Soit 13,5 % de moins qu’à ce jour. Est-ce un signal, une simple déclaration ?

Même si l’Etat s’est engagé à réduire sa dette sous la barre des 100 % du PIB d’ici à la fin de l’année, il ne semble pas y avoir de consensus politique pour faire passer la participation de l’Etat sous la barre des 50 %.

"Que veut-on dire avec cette discussion sur la majorité, explique Didier Bellens. Je sais ce que signifient ces 50 % pour certaines personnes. Mais, croyez-moi, avec 40 %, l’Etat continuerait à contrôler Belgacom. Avec 40 %, c’est assez. Quelle société pourrait faire une offre si l’Etat maintient 40 % ? Aucune. C’est impossible et c’est cela qu’il faut bien comprendre. Pour moi, la frontière des 50 % est très symbolique."

Cela signifie-t-il qu’en Belgique, des pourparlers sont engagés pour réduire la part de l’Etat sous la barre des 50 % ? Cela n’est pas évident. Lors du dernier contrôle budgétaire, certains avaient déjà imaginé que l’Etat pourrait se défaire de 3 % ou 3,4 %, de manière à empocher un joli pactole tout en conservant une majorité.

Mais l’opération ne s’était pas faite. Aujourd’hui, pour réduire la dette, certains pensent plutôt à d’autres opérations qui pourraient concerner les parts que l’Etat détient dans certaines banques (BNP Paribas, actionnaire de Fortis). Voire aussi l’aéroport de Bruxelles.

La déclaration de Didier Bellens signifie-t-elle que Belgacom pourrait être concernée par une opération visant à réduire la dette et la part de l’Etat ? Le PS - mais pas seulement - y semble en tous les cas opposé.

Labille : "Bellens n’a pas à se prononcer"

Par la voix de son porte-parole, Christopher Barzal, le ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille, s’est permis de tacler Didier Bellens qui préconise que l’Etat vende une partie de sa participation dans Belgacom. Le ministre de tutelle n’est manifestement pas content de la sortie du CEO. "Ce n’est pas à un manager de se prononcer sur le niveau de participation de l’Etat dans Belgacom, note Christopher Barzal. Ces propos sont personnels et ne lient en rien le gouvernement. La position du ministre est et restera toujours que l’Etat ne doit pas descendre sous les 50 %". L.Lam.

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