Six points pour protéger l'acier européen

Tiède pour les uns, encourageant pour les autres, le plan acier de l'Europe ne va pas dans le sens du protectionnisme. Il comprend six points, couvrant des mesures économiques, environnementales ou de soutien à l'innovation. Analyse.

Six points pour protéger l'acier européen
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Isabelle Lemaire

C’est dans un contexte de crise particulièrement grave qui frappe le secteur de l’acier que la Commission européenne a dévoilé mardi au Parlement de Strasbourg son plan d’action pour l’industrie sidérurgique, le premier depuis celui d’Etienne Davignon en 1977. Ce texte, porté par le commissaire italien à l’Industrie, Antonio Tajani, a été avalisé par toute la Commission.

En préambule, il rappelle les défis importants qui attendent l’industrie sidérurgique du Vieux Continent, qui subit à la fois une demande en berne (- 27 % par rapport à 2008), une surcapacité mondiale de 542 millions de tonnes, la perte de 40 000 emplois dans le secteur entre 2007 et 2011 à cause des fermetures et des restructurations, des prix élevés de l’énergie ainsi qu’une concurrence féroce, principalement chinoise.

Mais l’Union européenne reste le deuxième producteur mondial d’acier, avec plus de 177 millions de tonnes, et le secteur emploie encore 360 000 personnes. Alors comment se sortir de ce mauvais pas et préparer la reprise du marché tant attendue ? En six thématiques, le plan acier tente d’apporter des solutions.

1Réglementer La Commission relève la fraude à la TVA et un marché clandestin, induisant une concurrence déloyale, bien présents dans certains pays membres. Elle souhaite y mettre fin.

2 Former les jeunes Avec une pyramide des âges défavorable dans le secteur, il devient urgent d’attirer les jeunes. Pour cela, l’Europe veut renforcer les programmes de formation. Une des mesures prévoit une surveillance de la bonne utilisation de fonds européens octroyés aux industriels, sur base de la durabilité de l’investissement et du maintien de l’emploi.

3Renforcer la demande d’acier Ce sont les secteurs du bâtiment et de l’automobile, qui recouvrent 40 % de la demande, qui devraient être particulièrement soutenus.

4Garantir une concurrence juste Le plan acier pointe la concurrence "pas toujours loyale" de pays comme l’Inde, la Chine, la Russie et l’Egypte qui ont adopté des mesures protectionnistes. Pas question de faire de même en Europe mais il faudra lutter contre les exportations illégales de ferraille et tenter de ramener certains pays à de meilleurs sentiments, grâce à l’élaboration d’une stratégie commune.

5Réduire les coûts énergétiques Ils représentent jusqu’à 40 % des coûts d’exploitation. Des propositions sont faites pour améliorer l’efficacité énergétique de certains outils mais aussi de faire bénéficier aux sidérurgistes d’une indemnisation financière jusqu’en 2020 sur les émissions de CO2.

6Stimuler l’innovation L’Europe veut soutenir la R&D, des projets pilotes en matière de nouvelles technologies propres et le recyclage.

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