Quand une ONG humanitaire cherche à se mettre à l’abri de la crise

La crise économique et financière qui sévit depuis maintenant plusieurs années touche tous les secteurs. Et les organisations non gouvernementales (ONG) ne sont évidemment pas en reste. Ainsi, "SOS Villages d’enfants", ONG humanitaire œuvrant pour le bien-être d’enfants défavorisés en Belgique et à l’étranger, aurait perdu près de quarante millions de dollars suite aux effets néfastes de la crise.

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La crise économique et financière qui sévit depuis maintenant plusieurs années touche tous les secteurs. Et les organisations non gouvernementales (ONG) ne sont évidemment pas en reste. Ainsi, "SOS Villages d’enfants", ONG humanitaire œuvrant pour le bien-être d’enfants défavorisés en Belgique et à l’étranger, aurait perdu près de quarante millions de dollars suite aux effets néfastes de la crise.

Pour continuer son action de manière efficace, elle a dû s’adapter et apporter certaines modifications à ses mécanismes de financement.

Un autre modèle de financement

"Si nous n’avons plus d’argent, cela a un impact sur les enfants que nous voulons aider. Et si leur existence est affectée par la crise et que nous ne pouvons rien faire, notre présence n’a plus aucune signification [ ] Nous avons donc dû nous adapter et réfléchir à ce que nous pouvions faire en ces temps difficiles", déclare Siddhartha Kaul, président de SOS Villages d’enfants International, dans les premières minutes de son discours lors d’une réunion avec, entre autres, les CEO’s (chief executive officer) des entreprises partenaires - dont "Tupperware", "Adecco" ou encore "Palm Breweries".

Il explique ensuite que l’organisation avait besoin d’une aide extérieure afin de cerner l’origine des problèmes concernés et tenter d’y apporter des solutions efficaces. Après l’analyse du cabinet d’experts conseils BCG - "Boston Consulting Group" - l’organisation en est arrivée à la conclusion qu’elle devait repenser sévèrement son modèle financier.

En effet, à l’époque, le budget de "SOS Villages d’Enfants" était en majeure partie financé par des associations originaires de seulement quelques pays, et dépendait donc énormément de la situation économique de ceux-ci.

Si un pays dans lequel est établie une association actionnaire de SOS Villages d’Enfants est sévèrement touché par la crise, cela aura des conséquences sur la santé financière de cette association et provoquera également, par effet domino, une réduction du montant que l’organisation humanitaire recevra de celle-ci. Et c’est exactement ce qui s’est passé.

L’ONG a donc décidé d’étendre le nombre de ses partenaires, par sécurité. Aussi, elle ne s’agrandira dorénavant que lorsque sa réserve d’argent sera bien remplie, afin de ne pas mettre en difficulté ses actions en cours - ce qui pourrait faire souffrir les enfants déjà pris en charge par ses programmes.

Impact et plus-value

A propos de la multiplication de ses partenaires, l’organisation met l’accent sur l’importance de s’allier au monde des affaires et accéder de cette manière à un réseau d’actionnaires plus étendu, lui donnant la possibilité d’accroître sa visibilité, celle de son message, et donc son impact.

Ainsi, outre le support financier évidemment nécessaire, l’ONG explique que d’autres outils et valeurs ajoutées peuvent être apportés par les entreprises partenaires, qui en tirent par la même occasion un bénéfice dans une collaboration "win-win".

Ces changements structurels devraient mettre SOS Villages d’Enfants à l’abri des effets néfastes de la crise. C’est en tout cas ce qu’espèrent ses dirigeants. S.Y. (st.)