Le projet Neo en phase de séduction

Le projet Neo, ce nouveau quartier à construire sur le plateau du Heysel (67 ha), a déjà fait beaucoup parler de lui. Et cela ne s’arrêtera pas de sitôt, ne fût-ce que parce qu’il aboutira au mieux dans les années 2020.

Charlotte Mikolajczak
Le projet Neo en phase de séduction

Le projet Neo, ce nouveau quartier à construire sur le plateau du Heysel (67 ha), a déjà fait beaucoup parler de lui. Et cela ne s’arrêtera pas de sitôt, ne fût-ce que parce qu’il aboutira au mieux dans les années 2020. Mené par la Ville de Bruxelles et la Région bruxelloise, il est organisé sur base d’appels à candidatures dans le cadre de marchés publics dits de "dialogue compétitif".

La première phase du projet, Neo I (750 logements, shopping center de 72 000 m², bureaux, pôle récréatif et sportif ), a été lancée en juin dernier. Et a abouti, en décembre, à la désignation de trois candidats : Hammerson/Soficom Development/Codic; Klepierre/AG Real Estate/Wereldhave Belgium; et Unibail-Rodamco/CFE/Besix. Tous trois ont remis un premier projet il y a un mois. Qu’ils vont retravailler, et retravailler encore. Un seul consortium enlèvera le morceau (de ville), dont le nom sera connu en mars ou avril prochains.

La seconde phase du projet, Neo II, plus modeste et moins lucrative (une salle de congrès et un complexe hôtelier) a été lancée en mai 2012, avant celle de Neo I. Mais elle n’a attiré qu’un seul candidat, insuffisant pour garantir une certaine concurrence. Hier, la Ville et la Région ont donc relancé leur appel, espérant attirer plus de candidats d’horizons divers. L’offre a donc changé. Il s’agit toujours de la construction d’un centre de congrès et d’un hôtel, mais également d’une possibilité de financement et de maintenance des infrastructures.

Majunga, So Ouest et Aéroville

Si les choses avancent du côté de Neo I, c’est dans le plus grand des secrets. Les candidats ne révèlent ni leurs options ni les changements qu’ils y apportent au fur et à mesure des séances de dialogue. Tous trois devraient remettre, en juillet, une deuxième offre.

Les trois consortiums comptent des sociétés belges. Mais tous n’ont pas d’exemples concrets de leur savoir-faire en matière commerciale à montrer. Ce qui a incité Unibail-Rodamco (développeur, investisseur et opérateur, 29 milliards d’actifs), à ouvrir les portes de ses dernières réalisations parisiennes. Et à présenter l’architecte Jean-Paul Viguier qu’il a emmené dans l’aventure Neo. Au programme, une tour (Majunga, à la Défense) et deux shoppings : So Ouest, plus urbain (53 000 m², 100 boutiques), construit à Levallois; et Aéroville, plus grand (84 000 m², 200 boutiques), à deux pas de l’aéroport Charles de Gaule. Un type de complexes sur lesquels la foncière se recentre, en prévision de la mainmise future de l’e-commerce sur le secteur. "Les shoppings à succès de demain seront soit ceux de proximité, soit les très grands centres qui peuvent divertir, restaurer et permettre aux consommateurs de voir tout ce qu’une marque propose. Nous nous sommes positionnés sur ces produits exceptionnels, multifonctionnels" , commente Michel Dessolain, directeur Stratégie et Innovation. D’où leur absence, jusqu’à présent, de Belgique ?

De So Ouest (ouvert en octobre 2012), Unibail retient "un site très contraignant" , sous des tours de logements existantes. "On a réussi à redonner une légitimité au quartier, à recréer un front de rue et à extirper un centre qui fait un peu révolution" , ajoute Michel Dessolain. Plus que les enseignes (même si les plus novatrices y sont), c’est l’animation du centre qui interpelle : architecturale (trouées de lumière, vitrines sur deux niveaux ), décorative (changement de tons, de revêtement de sol et de murs ), olfactive, musicale

D’Aéroville (octobre de cette année), Unibail pointe la taille (il s’agira du plus grand centre d’Europe sur un niveau), les services (banque, agence de voyage, cabinet médical ), les codes décoratifs et architecturaux repris aux villes et aux aéroports (larges couloirs, passerelles ), ainsi que l’association avec EuropaCorp, la société de production de Luc Besson (12 salles de cinéma). Mais encore l’objectif initial du groupe Aéroports de Paris de créer un lieu de vie à ses portes. C’était en 2003. Unibail-Rodamco a été sélectionné en 2004. Le projet sort dans quelques mois. Neo n’a pas à se cacher