Vers un pacte de compétitivité entre le fédéral et les Régions

Un groupe de travail associant le fédéral et les entités fédérées sera mis sur pied au mois de juillet pour élaborer ce pacte. Il est d'ores et déjà question, selon le ministre-président flamand Kris Peeters, de s'attaquer au coût salarial et au coût de l'énergie pour les entreprises.

Vers un pacte de compétitivité entre le fédéral et les Régions
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Le gouvernement fédéral et les exécutifs régionaux ont l'ambition de conclure un pacte en faveur de la compétitivité et de l'emploi, a annoncé mardi le Premier ministre Elio Di Rupo, entouré des ministres-présidents et des vices-premiers libéraux. Aucune mesure concrète n'est encore arrêtée. Un groupe de travail associant le fédéral et les entités fédérées sera mis sur pied au mois de juillet pour élaborer ce pacte. Il est d'ores et déjà question, selon le ministre-président flamand Kris Peeters, de s'attaquer au coût salarial et au coût de l'énergie pour les entreprises.

Les questions budgétaires étaient également à l'ordre du jour. Le comité de monitoring a estimé à 3,5 milliards d'euros l'effort à fournir en 2014 en vue de l'assainissement des finances publiques. Des groupes de travail se réuniront pour passer en revue les différents chiffres qui valent pour l'entité I (fédéral et sécurité sociale) et entité II (Régions, Communautés et pouvoirs locaux).
"Ensemble" était le maître-mot prononcé à l'issue de la réunion.

La Commission européenne a encore rappelé la semaine passée qu'elle surveillait de près le déficit belge. Si la Belgique devait écoper d'une amende pour déficit excessif, toutes ses composantes en pâtiront.

"S'il y a des amendes européennes pour le non respect de la trajectoire budgétaire, la Flandre en subira aussi les conséquences", a averti le ministre-président flamand.

"La volonté, c'est d'être rigoureux sur le plan budgétaire mais on veut également créer les conditions de la relance et de la compétitivité en synergie dynamique entre le fédéral et les Régions et Communautés", a expliqué pour sa part M. Di Rupo.

Chacun a fait part de sa volonté d'aborder rigueur et relance dans le même mouvement. "On est tout à fait conscient de ce besoin de rigueur mais cette rigueur doit appuyer notre besoin de croissance", a fait remarquer le ministre-président de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte.

Si M. Peeters a rappelé que la Flandre était à l'équilibre budgétaire, M. Demotte a lui insisté sur la diversité des situations dans lesquelles se trouvent les entités fédérées. Les entités francophones ont en effet prévu de revenir à l'équilibre en 2015. "Les Communautés et Régions ne connaissent pas le même état de fortune. Cela doit être inclus dans les stratégies".

Dans le camp libéral, en majorité au fédéral et dans l'opposition dans les Régions, c'est également cette nécessité d'un travail en commun qui a été mise en avant.

"Il y a une mécanique qui s'est mise en place: chacun se rend compte que c'est ensemble qu'il faut faire l'effort budgétaire et de la relance, et que l'effort budgétaire et la compétitivité vont de pair", a observé le vice-premier MR, Didier Reynders.

Un autre point, lancinant depuis 2 ans, devrait être tranché: celui des compétences dites usurpées, c'est-à-dire ces compétences financées par le fédéral mais qui relèvent en principe des entités fédérées. La "créativité belge" sera à l'honneur, a assuré M. Di Rupo.
"Nous allons essayer de résoudre le problème. Nous avons des idées à cet égard", a-t-il ajouté. M. Peeters a dit attendre une solution "dans les prochains jours".

Du côté des libéraux flamands, le vice-premier Open Vld Alexander De Croo s'est réjoui qu'une discussion s'ouvre sur les pensions des agents des entités fédérées, pour lesquelles le pouvoir fédéral paie chaque année 6 milliards d'euros, a-t-il insisté. A ses yeux, il est normal qu'il y ait une "compensation".

Effort budgétaire, réforme de l'Etat et relance d'une économie frappée par la crise ont réuni dans un grand "pow-wow" les tribus belges.
"Ce que l'on devra faire dans les semaines à venir correspond bien à un examen de maturité pour le fédéralisme belge", a conclu, philosophe, Karl-Heinz Lambertz, ministre-président de la plus petite d'entre elles, la Communauté germanophone.

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