Les Allemands, bientôt les 1ers clients de la Wallonie

Pas de doute, la France reste le marché le plus important pour les entreprises wallonnes, si l’on se base sur les chiffres des exportations en 2012. Toutefois, le deuxième plus gros client de la Wallonie a amorcé une remontée ces dernières années. Il s’agit de l’Allemagne.

Les Allemands, bientôt les 1ers clients de la Wallonie
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F.C.

Pas de doute, la France reste le marché le plus important pour les entreprises wallonnes, si l’on se base sur les chiffres des exportations en 2012. Toutefois, le deuxième plus gros client de la Wallonie a amorcé une remontée ces dernières années. Il s’agit de l’Allemagne, soit la locomotive économique européenne. Voilà qui est, malgré tout, un signal positif alors que le volume total des ventes de la Wallonie à l’étranger (hors gaz naturel) a régressé de 2,8 % en 2012 par rapport à l’année précédente, selon les chiffres officiels présentés hier à Namur.

"Possible dans 10 ans"

Pour en revenir à l’Allemagne, l’année dernière encore, les ventes wallonnes y ont progressé de 2,6 % alors que les exportations vers la France ont diminué de 5,2 % Résultat : l’Allemagne "pèse" désormais près de 17 % du commerce extérieur wallon contre 15,2 % en 2005. La France, au contraire, est passée de 27,2 % en 2005 à 25,4 % en 2012. " La France reste notre premier pays d’exportation mais l’Allemagne rattrape son retard", note Philippe Suinen, le patron de l’Agence wallonne à l’exportation (Awex). " On peut penser à un renversement prochain entre la France et l’Allemagne. Ce renversement des positions est possible dans les 10 ans. C’est évidemment très important vu le caractère très porteur du marché allemand. " Pour rappel, la Flandre connait un classement exactement inverse : l’Allemagne arrive en "pole position" et est suivie de la France.

Pour Jean-Claude Marcourt (PS), le ministre wallon de l’Economie, la montée en puissance de l’Allemagne face à la France s’explique surtout par l’évolution divergente de leur économie : "La France a connu un ralentissement durant la présidence actuelle (François Hollande) et le quinquénat précédent (Nicolas Sarkozy). Mais l’industrie manufacturière allemande est aussi par nature très porteuse pour les entreprises wallonnes. Elles sont donc allées chercher des parts de marché en Allemagne suite à une décision claire. Toutefois, l’erreur fréquentes des économistes, c’est de tenir des raisonnements linéaires : la France peut tout à fait connaître une embellie qui changerait alors la donne."

Les bons chiffres des exportations vers l’Allemagne sont d’autant plus remarquables que le marché européen se contracte de manière globale pour les entreprises du sud du pays. En effet, le commerce extérieur vis-à-vis des pays membres de l’Union européenne régresse de 2,6 % en 2012, sous l’effet de la déprime engendrée par les mesures d’austérité qui ont frappé les finances publiques dans plusieurs Etats.

Par contre, la Wallonie progresse en Amérique du Nord et en Afrique, par exemple. Reste que les résultats wallons en 2012 sont moins bons que ceux des voisins : la Flandre (+ 1,1 %), les Pays-Bas (+ 4,9 %), la France (+ 3,1 %), etc. Cette mauvaise performance s’explique à 90 % par les restructurations dans la sidérurgie et chez Caterpillar.

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