Mittal fait un geste pour Liège

Les représentants du groupe Mittal ont annoncé qu’ils acceptaient d’adoucir quelque peu le plan de restructuration de la phase à froid, prévu depuis janvier 2013.

20130626 - BRUSSELS, BELGIUM: From left to right: Benoît Jeukens, DRH Liege, Bernard Dehut, CEO ArcelorMittal Liège, CEO Flat Carbon Europe and Henri Blaffart, DRH of the Mittal group. Photo by Philippe BOURGUET
20130626 - BRUSSELS, BELGIUM: From left to right: Benoît Jeukens, DRH Liege, Bernard Dehut, CEO ArcelorMittal Liège, CEO Flat Carbon Europe and Henri Blaffart, DRH of the Mittal group. Photo by Philippe BOURGUET ©REPORTERS
Isabelle Lemaire

Alors qu’on pouvait croire à sa quasi mise à mort par ArcelorMittal, la sidérurgie liégeoise vient de gagner un répit. Lors d’une réunion tripartite organisée mercredi matin au cabinet bruxellois du ministre Marcourt, les représentants du groupe Mittal ont annoncé qu’ils acceptaient d’adoucir quelque peu le plan de restructuration de la phase à froid, prévu depuis janvier 2013. Pour rappel, seules cinq lignes devaient être maintenues, les sept autres étant condamnées.

Aujourd’hui, Mittal prévoit non seulement de rouvrir la Galvanisation 5 de Flémalle mais aussi de garder une activité sur les deux lignes de laminage à froid ainsi que de mettre sous cocon pendant cinq ans les autres lignes. Pour la phase à chaud, la décision de fermeture reste d’actualité. Rien n’est encore gravé dans le marbre mais l’on serait très proche (on parle du 20 juillet au plus tard) de la signature d’une convention sur ce nouveau plan industriel qui redonne une petite bouffée d’oxygène au bassin liégeois.

La plus grande discrétion entourait cette réunion tripartite, la première d’une série. Officiellement, aucun des participants (Jean-Claude Marcourt, les syndicats, Bernard Dehut, le CEO d’ArcelorMittal Liège, Geert Van Poelvoorde, le CEO des Plats carbone Europe, et Henri Blaffart, le DRH d’ArcelorMittal) n’a souhaité révéler le contenu de ces importantes négociations. Mais nous avons tout de même pu obtenir des détails sur cet inespéré sauvetage de l’activité sidérurgique liégeoise.

La ligne de galvanisation 5 restera donc ouverte. Et Mittal garantirait un approvisionnement accru en matières premières (+ 200 000 tonnes), ce qui la ferait tourner à environ 40 % de ses pleines capacités. Les deux lignes de laminage à froid (décaperie) de Tilleur continueront à fonctionner mais en alternance, en fonction des besoins des lignes de finition. La LP2 de Ramet (peinture) sera considérée comme une ligne de dépannage.

Prévoir une relance du marché ?

Le train à large bande de Chertal, les lignes HP3 et 4 à Marchin et la Galvanisation 4 à Flémalle seront mis sous cocon pendant cinq ans. Il n’est a priori pas question de conserver du personnel d’ArcelorMittal pour entretenir ces outils. Ils seraient sous la seule surveillance de sociétés de gardiennage pour éviter le vandalisme. Cette mise à l’arrêt protégée des installations permettrait leur remise en service si le marché de l’acier reprenait des couleurs. Le choix des cinq ans n’est pas innocent puisqu’on table sur une relance de la demande en 2017.

Il restera à négocier le volet social, Mittal souhaitant le boucler pour la fin septembre ou le début octobre. Le chiffre de 1 300 emplois supprimés, annoncé en janvier, est toujours sur la table mais il sera bien sûr réajusté en fonction du nouveau plan industriel.Isabelle Lemaire

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