Belle opération pour Nokia

L'industriel allemand Siemens a annoncé lundi la cession de sa part de 50% dans la coentreprise Nokia Siemens Networks (NSN) à son partenaire finlandais Nokia pour 1,7 milliard d'euros. La transaction devrait être bouclée au troisième trimestre.

afp
Belle opération pour Nokia
©AFP

L'industriel allemand Siemens a annoncé lundi la cession de sa part de 50% dans la coentreprise Nokia Siemens Networks (NSN) à son partenaire finlandais Nokia pour 1,7 milliard d'euros. La transaction devrait être bouclée au troisième trimestre, précise un communiqué. NSN, spécialisé dans les réseaux et les équipements de télécommunication, deviendra de ce fait une filiale à 100% de Nokia. Pour Siemens, le désengagement de la coentreprise s'inscrit dans le cadre d'un repositionnement stratégique sur ses activités les plus porteuses, qui l'a déjà vu récemment sortir de l'énergie solaire.

Pour Nokia, ancien acteur incontournable du téléphone portable mais en perte de vitesse depuis plusieurs années, c'est le moyen de prendre le contrôle total sur une activité redevenue rentable au terme d'un redressement à marche forcée. Et peut-être de faire taire les spéculations sur un rachat, spéculations nourries par la perspective d'une éventuelle cession de NSN. L'accord liant Siemens à Nokia avait en effet expiré en avril.

NSN avait été fondé en avril 2007 par les deux groupes, Nokia apportant ses activités de réseaux et Siemens sa branche équipements téléphoniques. La coentreprise, qui a racheté en 2010 les activités de Motorola dans les infrastructures mobiles, est spécialisée dans les réseaux haut-débit. Elle est basée à Espoo en Finlande et emploie plus de 70.000 personnes dans le monde. Au premier trimestre de cette année, NSN a réalisé un petit bénéfice de 3 millions d'euros.

Nokia Siemens Networks changera de nom - la nouvelle appellation sera annoncée après la clôture de l'opération - mais conservera son équipe de direction actuelle, et continuera la réorganisation en cours, ont précisé Nokia et Siemens. Celle-ci s'est traduite par plusieurs cessions, et conduira entre autres à la fermeture de 16 sites en Allemagne, et la perte de 1.000 emplois.

Le quotidien finlandais Helsingin Sanomat rapporte en outre lundi que NSN prévoit de céder ses activités de fabrication à des sous-traitants. L'opération concernerait six usines, cédées en deux lots différents. Le journal cite le chinois Foxconn, le singapourien Flextronics, et les américains Sanmina-SCI et Jabil Circuit comme candidats au rachat, et évoque un prix de vente compris entre 500 et 600 millons d'euros. Selon lui, les intéressés avaient jusqu'à fin juin pour déposer leurs offres.

Lors d'une conférence téléphonique, le patron de NSN Rajeev Suri n'a pas explicitement commenté cette information, se contentant de dire qu'il n'y aurait pas d'annonces à ce sujet ce lundi. Le rachat complet de NSN par Nokia doit encore être approuvée par les autorités concernées. Sur le prix de vente de 1,7 milliard d'euros, Siemens percevra 1,2 milliard, le reste (500 millions) sera un crédit d'un an accordé à Nokia. Le groupe finlandais a assuré le financement de l'opération auprès de ses banques, précise le communiqué.

L'action du fabricant finlandais a bondi de près de 8% après l'annonce du rachat. Cette annonce a été très bien accueillie à la Bourse d'Helsinki où l'action de l'ancienne valeur phare augmentait de 7,24% dans un marché en hausse de 1,58%, à 07h30 GMT. A l'ouverture, l'action affichait une hausse de 9,5%.

Sur le même sujet