L’"étonnante" envolée en Bourse d’AB InBev

Le brasseur belgo-brésilien, AB InBev, a publié de bons résultats pour le compte du deuxième trimestre 2013. Son chiffre d’affaires a progressé de 3,9 % à 10,587 milliards d’euros, un résultat supérieur aux attentes des analystes.

Laurent Lambrecht

Le brasseur belgo-brésilien, AB InBev, a publié de bons résultats pour le compte du deuxième trimestre 2013. Son chiffre d’affaires a progressé de 3,9 % à 10,587 milliards d’euros, un résultat supérieur aux attentes des analystes. Le titre a très bien réagi, finissant la séance de mercredi sur un bond de 6,91 % à 72,38 euros à la Bourse de Bruxelles. "Cette progression est un peu étonnante pour un groupe de cette taille, explique Hans d’Haese, analyste à la Banque Degroof. Il faut dire que le premier trimestre avait été moyen, ce qui avait conduit les analystes à revoir leurs attentes. Ces bons résultats du deuxième trimestre ont surpris le marché et cela a boosté l’action. On craignait aussi que le groupe revoie à la baisse ses prévisions annuelles, ce qui n’a pas été le cas".

Si AB InBev a vendu moins de bière au niveau mondial (-1,2 % à 105,870 millions d’hectolitres), le groupe est parvenu à accroître son chiffre d’affaires en augmentant ses prix. En effet, le produit par hectolitres a progressé de 5,8 % au deuxième trimestre. Cette stratégie permet régulièrement au premier brasseur mondial de compenser la diminution des volumes écoulés.

Le Brésil et les Etats-Unis, les deux premiers marchés d’AB InBev, ont bien performé. "Le premier trimestre n’avait pas été bon dans ces deux régions, analyse Hans d’Haese. Depuis lors, les marges se sont améliorées et le management s’est montré confiant quant au potentiel de croissance du Brésil et des Etats-Unis".

La Chine est depuis plusieurs années le pays où on consomme le plus de bière au monde. AB InBev a enregistré une croissance des volumes de 5 % dans cette région, un chiffre en ligne avec les attentes. Le problème du marché chinois est que les marges y sont peu importantes. Beaucoup de consommateurs se tournent en effet vers des bières bon marché. "Les marges d’AB InBev sont néanmoins passées de 15 à 17 % en Chine, analyse Hans d’Haese. Le groupe devrait d’ailleurs dépenser 1 milliard de dollars pour améliorer ses positions sur cette région en forte croissance. La Chine pourrait très bien devenir le troisième axe de croissance après les Etats-Unis et le Brésil".

De son côté, l’Europe de l’ouest continue à consommer moins de bière. Sur l’ensemble du premier semestre, le recul de la consommation est impressionnant. Les volumes ont globalement reculé de 7,2 % en Europe de l’ouest. La Belgique, pays de la bière, ne fait pas exception avec un repli des volumes de 6,3 %.

Faut-il investir dans l’action AB InBev ?

L’action du premier brasseur mondial réalise de bonnes performances depuis plusieurs années. Sur une période de trois ans, le titre a pratiquement progressé de 80 %. Suite à la publication de résultats mitigés au premier trimestre 2013, l’action avait perdu un peu de son éclat avec un prix de 65 euros atteint le 24 juin. Depuis lors, le titre s’est bien repris. A un prix de 72,43 euros, l’action est correctement valorisée. "Je suis positif mais pas enthousiaste quant au titre AB InBev, explique Hans d’Haese. Le groupe jouit d’une stratégie et d’un management de qualité. Cependant, mon objectif de cours est limité à 74 euros".L.Lam.