Jobistes dans le creux de la vague

La crise touche plus les étudiants que les étudiantes, la Flandre que la Wallonie, et l’industrie que les loisirs.

Mikolajczak Charlotte
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Carrefour magasin grande surface commerce paiement caisse caissier job étudiant travail jeune argent vacances ©Jean-Luc Flémal

Les étudiants auraient-ils décidé de profiter de cet été qui a tant tardé à se pointer ? Pas vraiment. C’est la crise et la nouvelle législation qui veulent cela. Toujours est-il que, selon les tablettes de la société d’intérim Randstad - qui représente près d’un quart des jobistes en Belgique -, le nombre d’heures prestées par les étudiants courant des trois premières semaines de juillet a chuté de 14 % par rapport à l’année dernière. C’est une première ! Le nombre d’étudiants mis au travail en ce début d’été par Randstad a également chuté, de 8,4 % (à un peu plus de 10000 étudiants).

Cette situation contraste avec la hausse de près de 5 % des heures prestées au premier semestre 2013. Sans toutefois étonner Randstad qui avait annoncé un tel recul pour l’été dans ses prévisions émises fin juin.

Non sans y voir aussi l’ombre du ralentissement économique, Renaud Dechamps, directeur Public Relations&Public Affairs, convient que "les étudiants semblent tirer profit de la flexibilité offerte par la nouvelle législation sur le travail des étudiants pour travailler davantage en dehors des congés scolaires". "Car en règle générale, les étudiants travaillent davantage qu’avant, ajoute-t-il. En 2012, ils ont presté 4,7 millions d’heures, soit un peu plus de 100 heures en moyenne par étudiant."

Pour en revenir aux premières semaines de juillet, le recul du nombre d’heures prestées et d’étudiants au travail est moins marqué en Wallonie (-11,6 % et -4,5 %) qu’en Flandre (-13 % et -8 %) et surtout qu’à Bruxelles (-40 % et -30 %). Les garçons (-11 % du nombre moyen de jobistes) ont été davantage touchés que les filles (-6 %).

Des jobs plus ou moins originaux

Les secteurs qui, traditionnellement, occupaient nombre d’étudiants semblent avoir décidé de… maîtriser leurs coûts ou, peut-être, de donner priorité aux enfants de leur personnel (sans passer par le recrutement via une société d’intérim). C’est le cas du secteur industriel, qui a plongé dans les statistiques de Randstad, comme de la logistique, du transport et de la production de manière générale. L’Horeca, autre secteur habituellement prisé, ne semble pas avoir profité de la météo estivale (chiffres en statu quo). "Seuls les secteurs des loisirs et du commerce (petite et grande distribution) tirent leur épingle du jeu", poursuit Renaud Dechamps. Sans compter les cinémas - à qui le soleil ne convient pas -, le secteur des loisirs a connu une augmentation de 17 % en nombre d’heures prestées.

Pour clôturer son étude, Randstad a déniché, dans son panel de jobs, quelques "perles" : mascotte à titre promotionnel ou pour des animations dans les parcs d’attraction; accueil aux vacanciers; premiers conseils aux voyageurs en panne sur la route; aide aux personnes perdues dans l’aéroport; prise en charge de personnes à mobilité réduite; montage de stands et ventes de tickets ou boissons dans les festivals; etc.C.M.