Hausse des crédits défaillants

Des contrats de crédit défaillants, il y en a un peu plus chaque mois. En juin dernier, la Centrale des crédits aux particuliers évoquait quelque 333 000 contrats défaillants, soit une hausse de 3,4% sur un an.

Patrick Dath-Delcambe
Hausse des crédits défaillants
©REPORTERS

Des contrats de crédit défaillants, il y en a un peu plus chaque mois. En juin dernier, la Centrale des crédits aux particuliers évoquait quelque 333 000 contrats défaillants, soit une hausse de 3,4% sur un an.

En soi, ces chiffres veulent tout et rien dire: ils sont à mettre en perspective avec l’évolution du nombre de crédits. Et là, le bât blesse: la hausse du nombre de contrats en cours a été de 0,4% sur la même période.

Le pourcentage d’emprunteurs défaillants est par conséquent passé de 5,2 à 5,3%. Cela peut paraître à première vue une hausse anecdotique, sauf qu’elle concerne une dizaine de milliers de personnes supplémentaires.

Qui dit crédit défaillant, dit créance à récupérer.

Plusieurs sociétés s’en chargent, comme Contentia, société créée en 1995 par le groupe 3 Suisses pour gérer les impayés des sociétés du Groupe. Depuis lors, Contentia a proposé ses services à bien d’autres sociétés.

Contentia, comme d’autres sociétés travaillant dans ce secteur, est vue d’un mauvais œil. C’est peut-être oublier un peu vite que des factures restent impayées. "Mettez vous à la place du créancier : il est quand même normal qu’il soit payé pour les services qu’il a fournis", souligne Martine ‘t Jampens, Directeur général de Contentia.

Le tout est de voir comment on tente de récupérer ladite créance. "Nous respectons le débiteur", explique-telle, tout en soulignant que l’attitude respectueuse n’empêche pas la fermeté. Logique : plus Contentia récupère des créances, plus elle gagnera de l’argent. "Nous avons une commission sur les sommes récupérées", reconnaît-elle.

Ce n’est pas pour cela que Contentia dégaine à vue. "Les débiteurs que nous contactons ne sont pas forcément de mauvaise foi. Parfois, ils n’ont pas compris ce qui se passe. C’est pourquoi nous avons par exemple formé nos collaborateurs à comprendre les factures d’électricité.". Et dès qu’une créance est contestée, Contentia arrête ses démarches et renvoie le dossier à la société. Pour informations complémentaires.

L’approche se veut en tout cas constructive: "Il ne faut pas oublier que les personnes que nous contactons sont encore des clients potentiels de la société qui nous a mandatés". Bref, une dette n’est pas forcément synonyme de fin programmée de la relation commerciale : cela dépend des situations. "Nous intervenons dans la suite logique d’une relation commerciale. Il y a donc une très grande différence entre une société de recouvrement et un huissier".

Selon les secteurs, Contentia a une marge de manœuvre plus ou moins importante.

Avec les compagnies d’assurances, elle dispose généralement d’un délai de 60 jours pour récupérer la prime impayée.

Comment cela se passe?

Contentia dresse le profil de la personne qu’elle contacte afin d’apprécier ses capacités de remboursement. Selon les secteurs, un accord est verrouillé dans 38 à 65% des cas.

Les sommes remboursées mensuellement ont été en moyenne de 81 euros par mois en 2012, et de 84 euros en 2013. Il y a des des différences entre les régions. "La Flandre paie toujours un peu mieux, mais il n’y a pas d’écart significatif", note Martine ‘t Jampens.

Au final, un dossier mené à bon port est tout bénéfice pour tout le monde: Contentia a encaissé sa commission, son client a récupéré une bonne partie de la facture impayée et le débiteur rentre dans le droit chemin.

Les dossiers non solutionnés sont retournés chez le client, qui peut alors porter le litige en justice.