Un parc hôtelier vieillissant, la faiblesse de l’Ardenne

Les chiffres officiels du bilan touristique de cet été 2013 en Ardenne ne sont pas encore connus. Cependant, un tour d’horizon des maisons du tourisme qui la composent, et de quelques professionnels, permet de se faire d’ores et déjà une idée des grandes tendances en la matière.

Un parc hôtelier vieillissant, la faiblesse de l’Ardenne
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Frédérique Masquelier

Les chiffres officiels du bilan touristique de cet été 2013 en Ardenne ne sont pas encore connus. La Fédération touristique du Luxembourg belge ne les publiera qu’à la rentrée, au travers de son étude annuelle. Cependant, un tour d’horizon des maisons du tourisme qui la composent, et de quelques professionnels, permet de se faire d’ores et déjà une idée des grandes tendances en la matière.

D’emblée, les opérateurs touristiques ardennais saluent les effets positifs d’une météo estivale digne de ce nom. "On a été gâtés, acquiesce Olivier Lefèvre, de la maison du tourisme de Houffalize-La Roche-en-Ardenne. Du coup, les chiffres de fréquentation sont satisfaisants, sans que ce soit pour autant paradisiaque. Le début de la saison a tout de même été mauvais jusqu’à fin juin." Ce qui explique, sans doute, la profusion de réservations en last minute, pour juillet plus particulièrement. "Ce n’est pas un phénomène nouveau en soi, mais la réactivité des internautes quant aux annonces last minute publiées sur notre site Internet s’est fait nettement plus sentir cette année-ci que les précédentes, indique Valérie Geron, responsable marketing d’Ardennes-Etape, qui gère les locations de maisons de vacances de quelque 500 propriétaires. Et de remarquer, en règle générale, que, dans le chef de ses clients, le délai entre la prise de décision et la réservation raccourcit au fil des ans.

Par ailleurs, la crise pèse sur le budget des vacanciers. Chez Ardennes-Etape, par exemple, les maisons de vacances moins chères et moins luxueuses ont mieux performé que les autres années, sans pour autant éclipser les locations plus étoilées. Tandis que certains se sont résolus à changer un peu leurs habitudes. Les gîtes de grande capacité, par exemple, rencontrent un vif succès, loués notamment par des couples d’amis qui décident de partir en vacances ensemble… et sous le même toit. "Cela leur permet de diviser la facture à plusieurs, tout en profitant de plus de confort et d’un plus grand espace que ce qu’ils auraient pu s’offrir en solo", pointe Bénédicte Wathy, de la maison du tourisme du Pays d’Ourthe & Aisne (Durbuy, etc.). Autre public cible des gîtes XXL, les familles, "qui se déplacent en nombre, ne se limitant plus au seul noyau familial, ajoute Olivier Lefèvre. C’est pour nous une clientèle nouvelle, à laquelle les opérateurs s’adaptent de plus en plus, proposant, par exemple, des pass à leur intention dans les attractions."

Du pain béni, notamment, pour une fraction des hôteliers ardennais, qui décident de convertir leurs établissements, un peu vieillots, en gîte de grande capacité. De quoi, par la même occasion, alléger la gestion de leur affaire, un gîte demandant moins d’encadrement qu’un hôtel. "C’est un épiphénomène, nuance Olivier Lefèvre, mais, de manière générale, l’hébergement ardennais pâtit d’un parc hôtelier vieillissant, qui ne rencontre plus les exigences de nos clients. Les hôteliers se doivent d’être innovants, tout en restant dans une gamme de prix raisonnable et en rentrant dans leurs frais." Ce qui n’est pas toujours évident, surtout quand la relève de la jeune génération se fait attendre. "Le Wi-Fi gratuit, par exemple, fait désormais partie des services à fournir absolument. Mais nos hôteliers ne sont pas nés en 2.0. C’est pourquoi nous les aidons à vivre avec leur temps. Et, entre autres, à souscrire aux incontournables Booking.com et Trip Advisor."

Même constat dans l’offre de chambres d’hôtes - qui se déclinent par thèmes pour mieux séduire leur public -, comme de campings, où le renouvellement passe par l’originalité des structures d’accueil : yourte, cabane dans les arbres, roulotte… "Reste à assouplir la législation urbanistique si on ne veut pas tuer dans l’œuf les efforts du secteur touristique", glisse Olivier Lefèvre.

Les activités sportives sont vendeuses

Outre sa nature verdoyante, le moteur touristique de l’Ardenne, c’est… le sport : le VTT, les randonnées (dont se sont emparés les tours opérateurs), mais, surtout, les trails et les marathons, qui montent en puissance et remplissent les lits disponibles dès qu’un événement se profile, même en saison basse.

Enfin, un changement de public s’amorce avec la venue en plus grand nombre des Français du Nord et des Anglais (10 % des touristes en Ardenne, en ce compris les Allemands), qui grossissent les rangs des habituels Hollandais (30 %), Flamands (30 %), Bruxellois et Wallons (30 %). Un effet, sans doute, des précédentes campagnes menées à leur intention par le passé.


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