La sidérurgie allemande frappée de plein fouet par la crise

Salzgitter, le numéro 2 allemand de la sidérurgie, va se séparer de 1500 travailleurs.

Marcel Linden, correspondant en Allemagne
La sidérurgie allemande frappée de plein fouet par la crise
©REPORTERS

Après le numéro un Thyssen Krupp, c’est autour du deuxième sidérurgiste allemand Salzgitter d’annoncer des réductions d’emplois.

D’ici 2015, le groupe compte provoquer plus de 1500 départs sur un total de 25000 personnes. Thyssen Krupp avait, lui, déjà annoncé 5000 départs dans l’administration et 2000 dans sa division Steel Europe employant 28000 personnes, sans toutefois indiquer de date. Les deux entreprises étant soumises à la cogestion charbon-acier, les compressions d’effectifs devront obtenir l’aval du syndicat IG Metall. Il y aura donc des plans sociaux, primes de départ, mises à la retraite anticipée, etc.

Hans-Jürgen Urban, membre du directoire de l’IG Metall et vice-président du conseil de surveillance de Salzgitter, a relevé que le syndicat et le conseil d’entreprise n’ont pas (encore) accepté les plans de la direction. Pour les observateurs, Salzgitter est obligé d’enrayer les pertes nettes : celles-ci sont passées de 17 millions d’euros au premier trimestre à 298 millions d’euros au deuxième trimestre.

Pour l’année entière le groupe prévoit une perte de 400 millions faisant suite à un déficit de 100 millions en 2012. Il a fallu opérer une dépréciation de 185 millions sur la division des poutrelles de Peine, en Basse-Saxe, dont les ventes à la construction se sont effondrées. "A Peine nous luttons pour la survie du site", a martelé le président Heinz Jörg Fuhrmann. Thyssen Krupp n’a toujours pas réussi à trouver un acquéreur pour les deux nouvelles usines très déficitaires au Brésil et en Alabama. Un accident ayant endommagé un des deux hauts-fourneaux brésiliens en mai, les négociations avec le sidérurgiste brésilien CSN marquent le pas. Steel Americas a de nouveau causé une perte d’exploitation de 162 millions d’euros en avril-juin. Au cours des neuf premiers mois de l’exercice (octobre 2012-juin 2013) la perte nette part du groupe a atteint 983 millions. D’un autre côté, Thyssen a agréablement surpris en affichant pour avril-juin un excédent opérationnel Ebit corrigé de 332 millions.

Pour l’exercice entier le groupe d’Essen compte dégager un Ebit pour activités continues (sans Steel Americas) d’un milliard contre 1,4 milliard un an auparavant. Il continue à gagner de l’argent avec l’acier en Europe : pour les neufs premiers mois, Steel Europe affiche un Ebit corrigé de 101 millions. Au troisième trimestre, le résultat a pu dépasser le niveau de l’an dernier.

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