Oetker: le géant allemand champion de la pizza

Le plus grand producteur de pizzas surgelées en Italie n’est pas Buitoni. Ni une autre entreprise italienne. Au pays de la pizza prédomine Cameo, filiale italienne du groupe alimentaire allemand Oetker.

Marcel Linden, correspondant en Allemagne
(dpa) - Employes of Dr Oetker, German food producer, garnish ready-made pizzas with slices of salami and ham at the company's food plant in Wittenburg, Germany, 10 June 2004. The plant produces around 400,000 pizzas on a daily basis with 30 different toppings.
(dpa) - Employes of Dr Oetker, German food producer, garnish ready-made pizzas with slices of salami and ham at the company's food plant in Wittenburg, Germany, 10 June 2004. The plant produces around 400,000 pizzas on a daily basis with 30 different toppings. ©IMAGEGLOBE

Le plus grand producteur de pizzas surgelées en Italie n’est pas Buitoni. Ni une autre entreprise italienne. Au pays de la pizza prédomine Cameo, filiale italienne du groupe alimentaire allemand Oetker. Sur tous les autres secteurs qu’il couvre (gâteaux, produits salés,…), Oetker est également premier en Italie. Pour la pizza congelée il est leader européen. C’est ce qu’on appelle porter de l’eau à la rivière. Les Suisses romands ont une expression comparable : "Amener de la bière à Munich".


Vendre des pizzas allemandes aux Italiens, il faut le faire. L’envolée des pizzas surgelées d’Oetker a commencé en 1970, quand supermarchés et ménages disposaient de suffisamment de surgélateurs. La première était la "pizza à la romana". À la série "Ristorante", qui compte déjà 25 sortes, se sont ajoutées, en Allemagne, en Italie et ailleurs, deux autres séries : la "Tradizionale" sortie du four à pierre, et celle des pizzas à pâte crue, qu’il faut mettre au four à la maison. Dans l’éventail on trouve des horreurs comme la pizza Hawaii, avec des ananas. D’un autre côté, la filiale Cameo offre aux connaisseurs italiens la Regina Margherita. Créée en honneur d’une reine italienne à Naples au 19e siècle, elle est le classique : tomates, mozzarella, basilic, aux couleurs tricolores du pays. Les Napolitains méprisent ceux qui mangent d’autres sortes de pizzas. Mais cela ne dérange pas Oetker : il vend à peu près tout ce qui se mange en produits sucrés et salés. Il connaît toutes les astuces : en Chine il a ouvert en 2011 à Shanghai une fabrique de "pizza-box" qu’on met dans le four à micro-ondes. Pour le petit appétit, il a développé la Ristorante piccola et la piccolissima (neuf mini-pizzas). Aux Etats-Unis sa marque "Thin and crispy" est deuxième sur la côte Atlantique; Oetker y investit actuellement beaucoup dans le marketing. À Toronto, il érige une unité de production. En Inde, il veut faire pareil. En Australie, il a opéré le "relaunch" des pizzas surgelées de "Papa Guiseppi’s", société qu’il a rachetée. En Europe occidentale, les pizzas d’Oetker sont premiers du marché en Allemagne, France, Royaume-Uni, Belgique, etc. Même en Espagne, marquée par la crise, l’allemand a augmenté ses ventes en 2012. En Grèce, autre pays souffrant, Oetker est aussi numéro un de la pizza surgelée après avoir repris Creta-Farms; ces emplois-là au moins sont sûrs.

Outre les produits alimentaires de la division Dr. Oetker, le groupe vend aussi bières, vins, mousseux et spiritueux. Il possède des hôtels de luxe, dont le Bristol à Paris, et la banque Lampe. La moitié de son chiffre d’affaires de 11 milliards d’euros en 2012, il l’a réalisé avec les transports maritimes (Hamburg-Süd). Il emploie 26 400 personnes. Le groupe familial ne publie pas de résultats, mais il est largement excédentaire et n’a pas de dettes.