Belgacom: le MR ne renouvellera pas le mandat de Michel Moll

Le MR a décidé de ne pas renouveler le mandat de Michel Moll en tant qu'administrateur de Belgacom. Plusieurs sources affirment que cette décision ne serait pas liée à l'affaire d'espionnage et à son rôle de conseiller au sein de la société chinoise Huawei.

Belga

Michel Moll, administrateur MR au sein de Belgacom, devrait, selon De Morgen, faire un pas de côté. Le MR ayant décidé de ne pas renouveler le mandat de Michel Moll et de confier son poste d'administrateur à Laurent Levaux, patron d'Avia Partner et vice-président de l'Union wallonne des entreprises. Plusieurs sources affirment que cette décision ne serait pas liée à l'affaire d'espionnage et à son rôle de conseiller au sein de la société chinoise Huawei. 

Belgacom souligne que Michel Moll restera président ad interim jusqu'à la publication de l'arrêté royal nommant M. Stefaan De Clerck. "Il redeviendra ensuite administrateur et le restera jusqu'à ce que le nom de son possible successeur, proposé par le MR, soit avalisé par le gouvernement et inscrit dans un arrêté royal". Contrairement à certaines informations publiées mercredi, M. Moll n'a pas démissionné de son poste de président ad interim e Belgacom. "Ce sont des rumeurs", a-t-on insisté chez Belgacom.

Le président de Belgacom, conseiller d'une entreprise chinoise suspectée d'espionnage

Ce mercredi matin, l'on apprenait que Michel Moll, le président de Belgacom, est "conseiller stratégique" pour l'entreprise chinoise Huawei, active dans le secteur des télécommunications. La CIA, le parlement américain et la Sûreté de l'Etat belge soupçonnent cependant cette société, qui fournit également des services à Belgacom, de se livrer à des activités d'espionnage, peut-on lire mercredi dans De Morgen.

Huawei, qui a été créé en 1987 par un ancien militaire chinois, est l'un des plus gros producteurs de smartphones ainsi qu'un important fournisseur de réseaux de télécommunications. 

L'an dernier, la Sûreté de l'Etat s'est penchée de plus près sur cette entreprise qu'elle soupçonne d'espionnage. Une enquête à ce sujet a également été effectuée au parlement américain. D'après certains députés, Huawei intercepterait des données qu'elle fournirait ensuite au gouvernement chinois.

Michael Hayden, l'ancien directeur de la CIA et de la NSA, avait encore tiré la sonnette d'alarme concernant les pratiques de cette société au mois de juillet dernier. L'entreprise Huawei conteste pour sa part toutes ces accusations. 

Michel Moll a souligné qu'il n'a jamais travaillé en tant que représentant commercial pour Huawei. "Je leur ai seulement donné des conseils stratégiques, mais certainement pas sur l'Europe et la Belgique." Concernant la rémunération qu'il perçoit pour sa fonction de conseiller, M. Moll n'a pas souhaité en dire plus. "Mon travail n'a en tout cas rien à voir avec des pratiques d'espionnage. Belgacom et Huawei ne sont pas concurrentes et il n'y a donc pas de conflits d'intérêt", a-t-il précisé. Michel Moll, qui est étiqueté MR, est administrateur de Belgacom depuis 1994, il a été nommé l'an dernier président ad interim de Belgacom. Depuis 2010, il travaille également pour Huawei.