Labille veut renforcer la tutelle des entreprises publiques

Le ministre déplore le manque de vision stratégique du pouvoir fédéral.

Lambrecht Laurent
Labille veut renforcer la tutelle des entreprises publiques
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Le ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille (PS), était l’invité du Cercle de Wallonie ce jeudi. Le thème de son intervention était : "Revoir la position de l’Etat au sein des Entreprises publiques autonomes". Un sujet d’actualité vu la récente controverse autour de la rémunération des CEO des entreprises publiques. Pour rappel, le gouvernement s’est mis d’accord pour que la rémunération annuelle globale des CEO soit plafonnée à 290 000 euros. Mais selon nos confrères du "Morgen", au moins cinquante managers chez Belgacom, Bpost et à la SNCB gagnent actuellement plus de 290 000 euros par an.

Pour Jean-Pascal Labille, le problème est qu’actuellement de nombreux dirigeants d’entreprises publiques disposent de contrats de plus longue durée que leur mandat. "Je suis un légaliste, on ne peut pas changer les règles en cours de route, a précisé le ministre. L’important est que les nouvelles règles soient appliquées. Cela a été le cas pour les dernières nominations. On se penchera sur les cas de Johnny Thijs et de Didier Bellens lorsque leur mandat arrivera à échéance. En janvier 2014 pour le premier et en mars 2015 pour le second. On a maintenant une base pour fixer leur rémunération."

Lors de son intervention, le ministre a mis l’accent sur sa volonté d’accroître le rôle de l’Etat dans les entreprises publiques. "L’Etat doit jouer son rôle d’actionnaire. Quand Maurice Lippens a téléphoné pour qu’on sauve Fortis, tout à coup l’Etat n’était plus considéré comme un pestiféré, a déclaré Jean Pascal Labille. Cela ne veut pas dire que le gouvernement va gérer lui-même l’entreprise. Le conseil d’administration doit garder son pouvoir."

Revoir la manière d’exercer la tutelle

Concrètement, le ministre espère revoir la manière dont s’exerce la tutelle sur les entreprises publiques avant la fin de cette législature. "Il y a un certain nombre de choses à changer. Je n’ai par exemple aucun droit de regard sur les filiales, note Jean Pascal Labille. Il faudra cependant être très prudent et éviter que la dette de ces entreprises ne soit pas incorporée dans les comptes de l’Etat. A l’avenir, je trouverais également plus cohérent qu’on rassemble l’ensemble des participations de l’Etat afin de les mettre sous la tutelle du ministre de l’Economie."

Le ministre attend encore les conclusions du comité d’audit de Belgacom au sujet de l’affaire Michel Moll. Pour rappel, l’ancien président intérimaire du conseil d’administration de Belgacom a été remplacé anticipativement suite aux révélations quant à sa mission exercée auprès de l’entreprise chinoise Huawei.

Par ailleurs, Jean-Pascal Labille s’est laissé aller à quelques critiques vis-à-vis de la politique menée à l’échelon fédéral. "Il n’a pas de vision stratégique, a-t-il lancé. On passe du temps sur l’ajustement budgétaire et non sur un véritable budget. On passe du temps au sein du Comori, on prépare la loi spéciale de financement. Pendant ce temps-là, en face il y a quelqu’un qui a un vrai projet."