Les locaux hors du commun de Google

La société californienne se fait construire un nouveau complexe dans la capitale britannique. Comme pour chacune de ses implantations, Google va mettre les petits plats dans les grands pour offrir à ses employés un environnement de travail de rêve.

Robin Duculot (st.)
Les locaux hors du commun de Google
©Associated Press / Reporters

Le conseil municipal de Camden, à Londres, a approuvé le projet du géant américain Google, qui souhaite se construire un nouveau centre à proximité des gares de King's Cross et Saint-Pancras. Le bâtiment, qui devrait faire plus de 85 000 m² et coûté plus de 770 millions d'euros, sera l'espace de travail d'environ 5000 employés. Fidèle à lui même, le management de Google va dédier une grande partie de ce nouvel espace à la détente et au sport. Le complexe comprendra piscine, espace fitness, espace de jeu, un jardin sur le toit et même un mur d'escalade pour passer d'un étage à l'autre. 


Depuis sa création en 1998, Google a toujours affirmé que le bien-être de ses employés était une de ses priorités. Ainsi, la plupart des centres de Google à travers le monde sont plongés dans une ambiance très ludique. Le Googleplex, quartier général de la firme en Californie, ressemble plus à un camp de vacances high-tech qu'à un lieu de travail. Le bureau de Zurich, lui, est carrément équipé d'un toboggan géant pour relier les bureaux à la cantine. La société offre, à ses employés, d’innombrables services, qui ont la particularité d'être entièrement gratuits. Les nombreuses cafétérias, qui offrent des menus aussi riches que variés, sont également gratuites.

Cette volonté affichée de chouchouter ses employés peut paraître surprenante. Mais il ne faut pas oublier que Google n'est pas une boite comme les autres, nous rappelle Michel Syllin. Ce professeur de l'ULB, spécialiste de la psychologie des organisations, explique que, pour Google, c'est avant tout une arme de recrutement: "Ils ont besoin de stabiliser et fidéliser un personnel rare et difficile à recruter. On est simplement dans une logique de marché au niveau du recrutement". 

On pourrait croire que l'approche de Google est totalement novatrice. En effet, rares sont ceux qui peuvent se targuer de descendre à la cafétéria en toboggan ou de se faire masser sur leur lieu de travail. Mais selon Michel Sylin, le mode de fonctionnement de la société californienne s'inscrit dans une longue tradition, "qui remonte aux grandes entreprises paternalistes, que l'on connait chez nous depuis le dix-neuvième siècle"

Bien sûr, se faire choyer par son employeur a surtout des bons côtés. "Ça rend le travail plus humain et plus agréable, ça aide le personnel à trouver du sens dans son emploi", confirme Michel Sylin, qui ajoute que, malgré tout, certains inconvénients peuvent apparaître. "Le risque est d'effacer les barrières, qui sont parfois souhaitables, entre le travail et le non-travail. Si il n'y a plus de limite, le travailleur perd ses repères et la distance qu'il doit garder avec son boulot."

Malheureusement, cette tendance a peu de chance de s'étendre à l'ensemble du monde du travail. " Seuls les travailleurs aux profils très recherchés peuvent espérer bénéficier de ce genre de faveurs. On assiste à une dichotomisation du marché de l'emploi: les profils recherchés reçoivent de plus en plus de faveurs, les autres sont de plus en plus précarisés", conclut Michel Sylin.


Découvrez, ci-dessous, la visite guidée du Googleplex de Mountain View en Californie, par la chaîne américaine Travel Channel.