Shopping : juste... "Docks Bruxsel"

Equilis (Mestdagh) a rebaptisé son projet situé le long du Canal.

Charlotte Mikolajczak
Shopping : juste... "Docks Bruxsel"

Certains font l’événement lors de la pose d’une première pierre. Ici, il s’agissait de fêter le… déblaiement des dernières pierres du site qui portera, à terme, un des trois projets de shopping center lancés au nord de la capitale. L’occasion, pour l’équipe d’Equilis (groupe Mestdagh) qui développe ce projet, de dévoiler le nouveau nom de ce qui, jusqu’à hier, était encore "Just under the sky". "Un nom auquel on s’est familiarisé, mais que ne pouvaient s’approprier les personnes qui, demain, fréquenteront les lieux, a reconnu Carl Mestdagh, CEO d’Equilis. Désormais, ce sera ‘Docks Bruxsel’. De quoi assumer et renforcer sa localisation le long du canal et à Bruxelles."

Un nouveau nom imaginé par le Français Olivier Saguez, conseil en identité de marque; qui en a profité pour revoir le concept, avec le promoteur et son architecte, Art&Build.

Retour en arrière. Le 12 novembre 2008, Equilis réunissait la presse afin d’en dire un peu plus sur son projet de centre commercial à inscrire sur le site désaffecté des anciennes usines de poêles Godin, en contrebas du pont Van Praet. Il s’agissait alors d’un mixte entre commerces (25000 m² + 8000 m² réservés à un grand commerce spécialisé, Decathlon pour ne pas le citer) et espaces de détente dédiés à l’Horeca, au bien-être et aux loisirs (3600 m²); "pas d’un shopping center, mais d’un concept de commerces périurbains; un ensemble homogène et qualitatif proposant aux commerces qui s’installent traditionnellement en périphérie de s’implanter en bordure de ville dans des moyennes et grandes surfaces à partir de 500 m²"; de 6 bâtiments dont un central en forme d’ellipse; d’une réorganisation du trafic, notamment via la création d’un rond-point oblong, relié au pont Van Praet. Soit un investissement de 130 millions d’euros.

Pas de noms d’enseignes

Cinq ans plus tard - qui ont vu l’émergence de deux autres projets, Uplace et Neo; le forfait de Decathlon; la levée de boucliers des défenseurs du patrimoine pour, entre autres, conserver l’ancienne Indiennerie Godin, aussi appelée Cathédrale… -, Equilis parle de 210 millions d’euros, dont 10 pour le rond-point oblong et l’amélioration de la mobilité autour du site. Le tour de table n’est pas encore clôturé. La famille Mestdagh y concourra pour 20 %. Des partenaires privés pour 20 % (via obligations de dernier rang). Et les banques pour le solde.

Mais il n’y a pas que le coût qui a changé. Docks Bruxsel met toujours l’accent sur les loisirs (15000 m² dont une salle pour événements de 1500 places; des salles de cinéma VIP; un parcours de jeux de rôle…), mais il est bel et bien un shopping center (41000 m²). Au revoir les commerces de périphérie, bonjour les commerces traditionnels, dont, cette fois, aucun nom ne sera cité (50 % de la soixantaine de surfaces seraient toutefois plus ou moins réservées). "Des commerces auxquels il sera demandé, suggéré de se réinventer, indique Olivier Saguez, d’être plus interactifs. Car le consommateur a changé : son plus grand magasin, aujourd’hui, c’est Internet. Il ira moins souvent dans un centre commercial, mais y restera plus longtemps, pour des moments de plaisir. Les Docks Bruxsel doivent aller vers cette empathie avec les consommateurs, inviter aux contacts, aux rencontres, pas seulement à la vente." A côté des commerces traditionnels revus et corrigés et d’une grande surface alimentaire, il y aura des petites surfaces pour des enseignes spécifiques ou locales, des commerces de bouche, des marchés éphémères… Et, aux alentours, des jardins, des places, de larges artères invitant à la promenade. De quoi relier, sous la grande verrière, dedans et dehors, passé et présent - où la Cathédrale Godin rénovée prend tout son sens. Afin que Docks Bruxsel deviennent "une figure de proue à l’entrée de Bruxelles, mais surtout un lieu de destination, un véritable quartier", complète Luc Deleuze (Art&Build).

Autre défi, le centre se veut très environnemental. Au-delà des panneaux photovoltaïques, des toitures et murs verts et des systèmes de récupération d’eau de pluie, Olivier Weets, responsable du projet chez Equilis, évoque "la récupération de 10 % de l’eau chaude émanant de l’incinérateur voisin pour chauffer tout le projet".

S’il se refuse à dire qu’il sera le premier des trois shoppings à ouvrir ses portes - recours en annulation au Conseil d’Etat oblige -, tout est prévu pour que l’inauguration ait lieu en décembre 2015.