Vidéo de décapitation: Facebook fait marche arrière

Après avoir autorisé à nouveau la publication de vidéos et d'images violentes, Facebook a finalement décidé de retirer la vidéo de décapitation publiée sur le site, après la polémique engendrée par cette décision.

AFP
Vidéo de décapitation: Facebook fait marche arrière
©Printscreen

Facebook a retiré mardi soir une vidéo de décapitation publiée sur son site, après la polémique engendrée par sa décision d'autoriser à nouveau la publication de vidéos et d'images violentes en les accompagnant d'un message d'avertissement.

"Sur la base de ces critères améliorés, nous avons réexaminé les signalements récents de contenu violent et nous avons conclu que ce contenu faisait l'apologie de la violence de manière inappropriée et irresponsable", a indiqué l'entreprise californienne a propos de la vidéo de décapitation.

"Pour cette raison, nous l'avons retirée", a-t-elle ajouté.

Ce revirement survient alors que Facebook essaie d'harmoniser les différentes sensibilités qui s'expriment sur son réseau - qui compte plus d'un milliard de membres -, tout en affichant sa volonté de s'imposer comme une plateforme de liberté d'expression et d'information.

"Facebook a toujours été une plateforme où les gens viennent partager leurs expériences, particulièrement lorsque celles-ci sont liées à des événements controversés (...) comme des violations des droits de l'homme, des actes de terrorisme ou d'autres actions violentes. Les gens partagent ce genre de vidéos pour les condamner. S'ils en faisaient l'apologie, ou si les agissements filmés étaient encouragés, on aurait une approche différente", avait expliqué Facebook lundi.

Le réseau social a néanmoins insisté sur le fait que sa décision de retirer la vidéo ne changeait en rien ses règles d'utilisation, mais que les critiques l'avaient poussé à analyser la vidéo de décapitation avec plus d'attention.

Facebook a également précisé que, dans un effort pour "combattre l'apologie de la violence" sur son réseau, l'application de ses règles d'utilisation allait être "renforcée".

Suite aux critiques, l'entreprise avait instauré une interdiction de mise en ligne des vidéos de décapitation en mai, avant de faire marche arrière lundi en arguant du fait que le site était habitué au partage d'information concernant les évènements mondiaux, ce qui comprend les actes terroristes et les violations des droits de l'homme.

D'après des captures d'écran publiées sur plusieurs sites, le réseau social avait ajouté un avertissement à la vidéo de décapitation, précisant que "le contenu de cette vidéo est extrêmement violent et peut être choquant", avant de l'enlever.

Le Premier Ministre britannique David Cameron avait qualifié lundi Facebook d'"irresponsable" et avait ajouté que les "parents inquiets" attendaient des explications de la part de la firme américaine.

"C'est irresponsable de la part de Facebook de publier des vidéos de décapitation, surtout sans avertissement", avait-t-il déclaré sur Twitter.

Facebook a notamment été critiqué pour avoir autorisé ce type de contenu violent alors d'autres formes de contenu, comme la nudité, étaient interdites.

"Lorsque nous analysons du contenu qui nous est soumis, nous prêtons une attention particulière au contexte autour d'une image ou une vidéo violente", s'est expliquée la firme américaine.

Facebook évaluera également si le contenu publié est partagé de manière responsable, avec des messages d'avertissement ou une restriction d'âge pour le public.

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