Labille n’est guère convaincu par l’audit de Belgacom

Le choix de Deloitte pose question. Le volet Immobel n’irait pas assez loin.

L.Lam. et M. Co.
Labille n’est guère convaincu par l’audit de Belgacom
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La saga Belgacom est loin d’être terminée. Le ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille, a confié à "La Libre" qu’il n’était satisfait par l’audit externe réalisé par le bureau Deloitte au sujet des problèmes de gouvernance chez Belgacom. Pour rappel, la Chambre avait demandé qu’un audit externe soit réalisé au sujet des affaires "Immobel" et "Michel Moll". Une synthèse de deux pages réalisée par le comité d’audit interne de Belgacom au départ de cet audit a été présentée au CA hier matin.

Sur cette base, Jean-Pascal Labille, ministre PS des Entreprises publiques estime déjà que toute une série de demandes n’ont pas été rencontrées. Contrairement à ce qui avait été explicitement demandé par la commission Infrastructures de la Chambre, c’est le bureau Deloitte qui a assuré l’audit. Or, il s’agit du réviseur attitré des comptes de l’entreprise. Aux yeux des députés, ce choix aurait menacé l’indépendance de l’audit.

Jean-Pascal Labille regrette également que l’audit externe n’aille pas assez loin quant à l’affaire Immobel. Pour rappel, des soupçons de conflit d’intérêts entourent le processus de vente de l’immeuble Paille situé rue Lebeau à Bruxelles. Parmi les candidats acquéreurs figure Immobel, une société dont Didier Bellens est administrateur. On soupçonne le CEO de Belgacom d’avoir favorisé cette société mais celui-ci rejette tout conflit d’intérêts. Selon Jean-Pascal Labille, l’audit ne se penche pas sur l’origine des contacts entre Immobel et Belgacom remontant à 2010. C’était déjà l’une des grosses faiblesses de l’audit interne. Sans cela, il est impossible de savoir si Immobel a été informé de façon privilégiée par rapport à ses concurrents au sujet de la vente de l’immeuble Paille.

Les demandes de la Chambre concernant l’affaire "Michel Moll" n’auraient pas non plus été rencontrées. Nouveau rappel, l’ancien président du CA de Belgacom avait fourni des services de consultance pour la société chinoise Huawei, soupçonnée d’espionnage. Lui aussi avait été blanchi par l’audit interne. L’épisode n’avait guère convaincu les députés de la commission.

L’audit de Deloitte présenté à la Chambre

La saga Belgacom se poursuivra donc ce mercredi à la Chambre. La commission auditionnera Stefaan De Clerck, le président du Conseil d’administration de l’entreprise semi-publique. Avec Pierre-Alain De Smedt, le président du comité d’audit de Belgacom. Nul doute que les deux hommes seront assaillis de questions sur la qualité de l’audit externe. Selon nos informations, ses conclusions ne diffèrent guère de celles de l’audit précédent. Les députés apprécieront. A l’occasion d’un débat qui s’annonce chaud.

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