Twitter s'envole de 73% à Wall Street

A 45.1 dollars, le titre affichait un bond spectaculaire de 73.45% par rapport au prix d'IPO de 26$ lors de son introduction. Cette cotation valorise le groupe américain à 27 milliards de dollars. Pourquoi l'introduction a-t-elle pris plus d'une heure?

Twitter s'envole de 73% à Wall Street
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Rédaction en ligne et PVC

Twitter débarquait sur les marchés ce jeudi et, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce fut une entrée en trombe. La cotation de Twitter a débuté à 45.1$ à New York, soit plus de 70% au-dessus du prix d'introduction fixé initialement par le site de "microblogging". A 45.1$, le titre affiche un bond de 73.45% par rapport au prix d'IPO de 26$, supérieur à la fourchette indicative de 23 à 25$, elle-même relevée en début de semaine.

Cette cotation valorise le groupe amériacin à 27 milliards de dollars.

L'introduction en bourse a pris du temps, et pour cause...

On est ici dans un cas de figure comparable à celui de l'introduction en Bourse de Facebook, avec une entreprise qui entre en Bourse à la faveur d'une météo financière favorable et qui, surtout, est connue dans le monde entier, des financiers mais aussi des gens pour qui la Bourse est un concept. Mais parmi ces derniers, ceux qui ont des capitaux veulent être de la fête et sont prêts à acheter à n'importe quel prix.

Pour Xavier Servais (Crédit Agricole Private Banking), on est ici dans un scénario extrême mais normal. "Les investistisseurs qui ont souscrit aux titres les auront à 26 dollars, mais ceux qui veulent en acheter en Bourse paieront le prix du marché. On tente donc en Bourse de trouver le point d'équilibre entre les ventes possibles et les nombreux acheteurs. Et progressivement, les systèmes informatiques réduisent la fourchette de prix entre les ordres acheteurs et les ordres vendeurs. On se rapproche de 46-46 dollars. Mais le marché pourrait se retourner ensuite. On note aussi déjà des ventes sur les valeurs Internet. Ici, c'est technique: les titres Twitter devraient intégrer des indices boursiers ce qui nécessiste des réaménagement des portefeuilles sectoriels".

Les banquiers spécialisés sont à leur affaire, tout comme les courtiers qui vendent ou achètent indifféremment et empochent des commissions au passage. Il existe déjà des produits dérivés - des contrats de vente ou d'achats (options et warrants) - sur le titre Twitter (TWTR) qui se traitaient alors que la première cotation n'avait pas encore eu lieu!


Twitter à accaparé toute l'attention


Wall Street a ouvert en légère hausse jeudi, grâce à des indicateurs meilleurs que prévu sur la croissance et le chômage aux Etats-Unis, tandis que l'entrée en Bourse du réseau social Twitter concentrait l'attention: le Dow Jones gagnait 0,28% et le Nasdaq 0,13%. Vers 15H45, le Dow Jones avançait de 44,19 points à 15.791,07 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 5,12 points à 3.937,07 points. L'indice élargi S&P 500 prenait de son côté 0,21%, soit 3,69 points, à 1.774,18 points.

La Bourse de New York avait terminé sans direction mercredi, alors qu'un mouvement vers les valeurs moins risquées avait fait bondir le Dow Jones à un nouveau record, en hausse de 0,82% à 15.746,88 points, tout en faisant perdre 0,20% au Nasdaq, qui avait fini à 3.939,86 points.

A l'ouverture, "tous les yeux étaient tournés vers Twitter" alors que le réseau social basé à San Francisco faisait une entrée en Bourse très attendue, notaient les analystes de la maison de recherche Schaeffer's Investment Research. Les indices "sont en bonne voie pour de nouveaux records après que la Banque centrale européenne a décidé ce matin d'une baisse surprise de ses taux d'intérêt", ont-il également souligné.

La BCE a abaissé jeudi son principal taux directeur à 0,25% lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire, un nouveau plus bas historique. Sur le front américain par contre, "une estimation plus forte que prévu du PIB du troisième trimestre nourrit probablement de l'incertitude concernant l'orientation de la politique monétaire de la Réserve fédérale", notent les économistes du cabinet Charles Schwab.

L'économie des Etats-Unis a progressé plus que prévu au troisième trimestre, tirée par la consommation et les investissements privés: le produit intérieur Brut (PIB) a crû de 2,8% de juillet à septembre en rythme annualisé, marquant une amélioration par rapport aux 2,5% enregistrés au deuxième trimestre.

Autre chiffre ayant battu les attentes, les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage ont reculé aux Etats-Unis pour la quatrième semaine consécutive, à 336.000 pendant la semaine close le 2 novembre, marquant une baisse de 2,6% sur une semaine. Le marché obligataire était en hausse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans baissait à 2,620% contre 2,640% mercredi soir, et celui à 30 ans à 3,762% contre 3,769% la veille.

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