Labille a eu une explication "virile" avec Bellens

Le patron de Belgacom était convoqué au cabinet de Jean-Pascal Labille (PS), au lendemain de nouvelles déclarations incendiaires à propos du gouvernement. Le ministre fera rapport au gouvernement qui décidera de son sort.

La rédaction (avec Belga)
Labille a eu une explication "virile" avec Bellens
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Le gouvernement avisera dans les tous prochains jours sur le sort à réserver à Didier Bellens pour ses propos sur son actionnaire majoritaire et le Premier ministre Elio Di Rupo, a indiqué ce vendredi M. Labille à l'issue d'un entretien d'un peu plus d'une heure avec l'administrateur délégué de Belgacom. "Je considère les propos tenus par M. Bellens, fussent-ils dans un cadre confidentiel, extrêmement graves puisqu'ils ternissent l'image de l'Etat", a confié le ministre en charge des Entreprises publiques lors d'une brève déclaration à la presse après l'entrevue. Des propos qu'il a aussi qualifiés d' "attaque envers le Premier ministre", comparé par M. Bellens à un enfant devant Saint-Nicolas. Le socialiste a affirmé avoir eu une explication "virile" avec Didier Bellens.

Interrogé sur les éventuelles sanctions qui seront prises envers le patron de l'opérateur téléphonique, le ministre a renvoyé à une prochaine réunion du gouvernement devant lequel M. Labille fera rapport de l'entretien qu'il a eu ce vendredi avec M. Bellens, a-t-il répondu.

Le CEO de Belgacom Didier Bellens et le président du conseil d'administration Stefaan De Clerck (photo ci-dessous) ont quant à eux fait peu de commentaires à la sortie de la réunion. M. Bellens a simplement fait état d'une "discussion normale".

Le patron de Belgacom est sous le feu des critiques pour ses propos controversés, qu'il a prononcés dans un cercle d'affaires et qui ont été rapportés par la presse.

Reynders : un départ "si possible"

Le vice-premier ministre Didier Reynders (MR) a ainsi entendre qu'il souhaitait le départ de Didier Bellens, "si c'est possible". De sources gouvernementales, on précise toutefois qu'un licenciement de M. Bellens ne peut être décidé que par le conseil des ministres. Quant à la possibilité que le patron de Belgacom démissionne de sa propre initiative, l'option est des plus improbables. Didier Bellens estime en effet n'avoir commis aucune faute.

Une démission ou un licenciement pour Antoine

Le CEO de Belgacom doit démissionner ou être licencié, avait affirmé le ministre wallon André Antoine (cdH). "Il pose tous les gestes nécessaires pour que son actionnaire s'en débarrasse", a-t-il affirmé sur Bel RTL. "Je considère son comportement tout à fait inadéquat", affirme M. Antoine, qui appelle Didier Bellens à démissionner. "Pour moi, s'il n'y a pas de démission, c'est un licenciement" qui est indiqué, en dépit des indemnités de départ élevées, ajoute-t-il. "Un patron de société ne peu pas se moquer de son actionnaire, dès lors qu'il s'agit en outre des pouvoirs publics".

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