Le jour où Bellens tomba

Le gouvernement se prononce aujourd’hui sur son cas. Il devrait être démis.

A. C. et L. Lam.
Le jour où Bellens tomba
©Photo News

Didier Bellens s’est réveillé, ce matin, dans la peau du patron de Belgacom. Selon toute vraisemblance, il ira se coucher, ce soir, après avoir laissé son costume de CEO au siège de l’entreprise semi-publique, sis boulevard du Roi Albert II, à Bruxelles.

Après ses frasques et déclarations tapageuses à répétition, notamment contre l’Etat (principal actionnaire de Belgacom) ou le Premier ministre Elio Di Rupo (PS), le gouvernement doit statuer sur son cas. Un Conseil des ministres est prévu, cet après-midi.

Officiellement, "aucune décision n’a encore été prise. Les ministres ne se sont mêmes pas vus", ce jeudi, insiste-t-on au cabinet Labille. "Certains parlent de révocation, mais rien n’est fait."

"Ce sera vraiment ce vendredi que la décision tombera" , appuie un ministre. Qui ajoute toutefois : "On va dans ce sens…" Celui de la révocation (l’inverse de la nomination), c’est-à-dire du licenciement pour faute grave qui évitera le paiement d’une très forte indemnité de départ. Mais pour ce faire, "il nous manque une analyse juridique" permettant de déterminer si l’invocation de la faute grave est défendable devant les tribunaux. Parce que, comme nous l’indique une autre source bien placée, "ça se finira de toute façon devant les tribunaux…".

Démettre Bellens, c’est une chose. Reste à lui trouver un successeur. L’une des difficultés pourrait être le montant de la rémunération, aujourd’hui de 2,4 millions par an. Le gouvernement a récemment plafonné les revenus des patrons de certaines entreprises publiques (dont la SNCB) à 290 000 euros annuels, partie variable comprise. Mais il n’a formellement rien décidé pour Belgacom et bpost…

Parmi les possibles successeurs, plusieurs noms reviennent régulièrement. Notamment Dominique Leroy, actuelle responsable du département Consommateurs résidentiels. Elle gère à ce titre la stratégie de la plus importante division de l’opérateur. Arrivée chez Belgacom, en 2011, Dominique Leroy a auparavant été "Managing Director" chez Unilever Benelux.

Le nom de Bernard Delvaux est aussi régulièrement cité. Cet ancien de Belgacom est l’actuel patron de la société aéronautique Sonaca. Il avait quitté l’opérateur quelque temps après l’arrivée de… Didier Bellens.

Enfin, on cite également Jean-Yves Charlier, qui a récemment été nommé PDG de SFR (deuxième opérateur télécoms français); Pierre-Olivier Beckers, l’ex-patron de Delhaize; ainsi que Grégoire Dallemagne, le patron de l’énergéticien Luminus.A. C. et L.Lam.