Six grandes banques japonaises ont prêté directement aux mafieux

Six des plus grandes banques du Japon ont aussi prêté directement de l'argent à des membres de gangs de mafieux, dits yakuzas, et pas seulement via des filiales de crédit à la consommation, a affirmé vendredi en une le quotidien japonais Asahi.

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Six des plus grandes banques du Japon ont aussi prêté directement de l'argent à des membres de gangs de mafieux, dits yakuzas, et pas seulement via des filiales de crédit à la consommation, a affirmé vendredi en une le quotidien japonais Asahi.

Il y a deux jours, lors d'une audition devant la commission des Finances de la chambre basse, le président de l'Association nationale des banques, Takeshi Kunibe (voir photo), avait déjà reconnu qu'en dehors de prêts via des filiales de crédit, "il existait aussi des transactions directes entre banques de détail et personnes reconnues comme étant liées aux forces antisociales". M. Kunibe est aussi le numéro un de la banque de détail Sumitomo Mitsui Banking, concernée par cette confession. Le patron de Mizuho Financial Group, Yasuhiro Sato, avait lui aussi formulé un aveu similaire devant la même instance.

Puis ce fut aussi au tour de Nobuyuki Hirano, PDG de Mitsubishi Tokyo UFJ, banque du groupe Mitsubishi UFJ Financial Group, d'indiquer en conférence de presse jeudi "ne pouvoir nier" qu'il puisse exister des prêts aux syndicats du crime. En outre, trois autres établissements, Resona, Shinsei et Sumitomo Mitsui Trust Bank sont aussi concernés, selon l'Asahi.

Aucune de ces banques n'a donné de précisions quant au nombre possible de prêts et aux montants en jeu dans ces transactions avec des yakuzas, lesquels sont en théorie recensés dans des bases de données et interdits bancaires. Les banquiers insistent cependant sur le fait que les prêts ont pu être octroyés avant de se rendre compte que les individus concernés appartenaient à la pègre et qu'il ne s'agit pas pour autant d'une défaillance des systèmes de contrôle des banques.

Ces dernières assurent en outre que lorsqu'elles découvrent un cas litigieux, elles tentent d'annuler les prêts, ce qui n'est pas forcément une opération aisée. Ces aveux sont tous intervenus après que l'Agence de régulation des services financiers (FSA) a mis il y a plusieurs semaines en demeure le géant Mizuho Financial Group d'en finir avec les quelques 230 prêts alloués par une de ses filiales de crédit à la consommation, Orico, à des membres de gangs de yakuzas, pour des achats de voitures ou appareils domestiques.

Par la suite, d'autres sociétés de crédit, chapeautées par Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) et Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG) ont aussi reconnu des cas similaires, mais en plus petit nombre. Toutefois, les banques de détail, elles, n'ont commencé que mercredi dernier à avouer être aussi possiblement concernées par ces transactions que les autorités sont décidées à éradiquer.