Le casse-tête du salaire du futur patron de Belgacom

Le plafond de 290 000 euros est explosé ou approché par de nombreux dirigeants.

Laurent Lambrecht
Le casse-tête du salaire du futur patron de Belgacom
©Belga

La rémunération du futur CEO de Belgacom est un casse-tête pour le gouvernement. On le sait, le salaire des patrons des entreprises publiques a été plafonné à 290 000 euros brut par an. Les CEO de la FSMA, du SPFI, de Belgocontrol, d’Infrabel, de la SNCB et de la Loterie nationale ont tous vu leur rémunération bloquée à ce niveau lors de leur nomination ou de leur reconduction.

"Je suppose que l’on va travailler sur cette base”, avait déclaré le vice-Premier ministre Didier Reynders (MR), en ce qui concerne le salaire du remplaçant de Didier Bellens. Jean-Pascal Labille, le ministre des Entreprises publiques (PS), avait ensuite précisé que la rémunération du futur CEO tiendrait compte de la spécificité de l’opérateur historique, à savoir le fait qu’il soit coté en Bourse. Mais jusqu’où le gouvernement pourra-t-il aller ? Tout ce que l’on sait actuellement, c’est que la barre des 290 000 euros sera largement franchie. Mais entre ce seuil et les 2,4 millions d’euros brut de Didier Bellens souvent évoqués, il y a de la marge.

Le gouvernement devra logiquement tenir compte de la rémunération des personnes situées hiérarchiquement sous la responsabilité du CEO. Les hauts dirigeants de Belgacom dépassent largement le plafond de 290 000 euros par an.

En 2012, 9,4 millions d’euros ont été dépensés pour rémunérer l’ensemble du comité de direction, Didier Bellens y compris. Ce montant tient compte de la partie fixe et variable du salaire, des divers avantages, des paiements en actions ainsi que des cotisations sociales payées par Belgacom.

A l’époque, le comité de direction était composé de Didier Bellens (ex-CEO), de Bruno Chauvat (directeur stratégie et contenu), Ray Stewart (directeur financier et actuel CEO intérimaire), Michel Georgis (directeur des ressources humaines), Geert Standaert (directeur réseau et infrastructures), Bart Van Den Meersche (directeur de la division professionnelle) et Dominique Leroy (directrice de la division consommateurs résidentiels. Cette dernière avait remplacé Scott Alcott le 1er juin 2012.

En retranchant le salaire estimé de Didier Bellens, on arrive à un coût salarial moyen d’1,2 million d’euros par an pour les membres du comité de direction. En retirant les cotisations sociales, on multiplie pratiquement par trois le plafond fixé pour le CEO des entreprises publiques.

140 cadres coûtent 230 000 euros par an

Et ce n’est pas tout, des cadres de niveau inférieur au comité de direction jouissent également d'un salaire très confortable. Dans la maison, on les appelle les TGR pour “top group resources”. “En 2012, environ 140 TGR ont coûté presque 32 millions d’euros à l'entreprise”, confie une source proche du dossier. Ce qui donne un coût salarial moyen (cotisations sociales comprises) de 230 000 euros par an.