"Indispensable de promouvoir l'épargne pour les bas revenus"

L'épargne totale ne cesse d'augmenter en Belgique mais il existe de grandes disparités entre les Belges, constate le Réseau Financement Alternatif (RFA) dans son rapport annuel sur l'inclusion financière.

Belga
"Indispensable de promouvoir l'épargne pour les bas revenus"
©Photonews

L'épargne totale ne cesse d'augmenter en Belgique mais il existe de grandes disparités entre les Belges, constate le Réseau Financement Alternatif (RFA) dans son rapport annuel sur l'inclusion financière. Le Réseau juge indispensable de promouvoir l'épargne pour les bas revenus. En Belgique, "20% des riches concentrent 61% du patrimoine total (actifs réels et financiers), alors que les 20% les plus pauvres ne concentrent que 0,2% de celui-ci. Il est indispensable de promouvoir l'épargne pour les personnes précarisées d'autant qu'une étude européenne montre que celles-ci sont tout à fait en capacité de mettre de l'argent de côté si des incitants sont mis en place", souligne le Réseau Financement Alternatif dans un communiqué.

Il existe bien des initiatives -16 en Belgique- encourageant les personnes à bas revenus à épargner mais le Réseau estime que les mesures existantes au niveau du cadre légal "ne ciblent pas adéquatement le public fragilisé" et que "l'utilisation d'incitants fiscaux à l'épargne (socialement inéquitables) ne constitue pas un argument pour les ménages à revenus précaires." Pourtant, souligne le RFA, "l'épargne a un rôle à jouer auprès des populations vulnérables comme mode de prévention de situations de surendettement et comme alternative à l'usage inapproprié de crédits".

Le rapport du RFA s'est également penché sur le service bancaire de base, qui existe en Belgique depuis 2003. "Il a connu une augmentation de 10% en 2012 mais reste encore méconnu de clients qui se font refuser l'accès à un compte à vue. Le nombre d'agences bancaires diminue, pouvant rendre l'accès plus difficile", souligne-t-il. En 2012, 9.528 personnes bénéficiaient du service bancaire de base.

En outre, alors que les nouveaux moyens de paiement se généralisent, une enquête qualitative sur leur utilisation par les personnes âgées, handicapées, à bas revenus, surendettées et les migrants laisse entendre que ces nouveaux moyens ne sont pas universels et posent, dès lors, un problème d'inclusion financière. "L'accès au compte et aux services de base doit être simplifié et garanti aux personnes pour qui les interfaces informatiques ne sont pas adaptées", conclut le RFA.µ

"Une aggravation de l'endettement"

Le Réseau Financement Alternatif (RFA) constate, dans son rapport annuel sur l'inclusion financière, une "aggravation de l'endettement" alors que la part des crédits défaillants et celle des emprunteurs défaillants est en hausse et que le montant des arriérés par crédit ou par personne est également en augmentation. Les taux de défaillance les plus importants concernent les ventes à tempérament (15,1%), les prêts à tempérament (9,7%) et les ouvertures de crédit. Ces dernières constituent 50,5% des crédits défaillants. "Leur taux de défaillance (3,6 %) est sous-estimé, car un certaine nombre de ces ouvertures de crédit sont inactives. Le taux de défaillance est plus faible pour les personnes n'ayant qu'un seul contrat de crédit. Cependant, le nombre de crédits par emprunteur augmente en moyenne", souligne le RFA dans son rapport.

Selon le Réseau, les organismes non bancaires, en particulier, semblent mal prévenir le surendettement. Les prêts octroyés par ces organismes connaissent en effet des taux de défaut "particulièrement élevés" en ce qui concerne les prêts hypothécaires et les ouvertures de crédit.

Le RFA constate par ailleurs que le recours au règlement collectif de dettes, "indicateur important du niveau de surendettement des ménages", est en hausse de 6,6% en 2012 à 101.155 avis d'admissibilité.

En matière de lutte contre l'endettement, le Réseau estime que la Centrale des crédits "a des marges d'amélioration: fournir des données actualisées qui permettent de mesurer le niveau d'endettement réel du consommateur, différencier les ouvertures de crédit actives des autres afin de connaître le taux de défaillance réel de celles-ci, fournir une analyse sur les prêts octroyés par les institutions non bancaires..."

Mais l'endettement du consommateur n'est pas uniquement dû à du crédit puisque le règlement collectif de dettes concerne en partie (21,2%) des personnes n'ayant aucun contrat de crédit. "Il est dès lors important que des acteurs (fournisseurs d'énergie, de télécommunications, CPAS, centres de médiation de dettes...) mettent en place des partenariats pour prévenir ces sources d'endettement", conclut le RFA.

Sur le même sujet