L’éclaircie de l’économie européenne va se confirmer en 2014

L’année 2013 a été excellente sur les places financières. Les douze prochains mois seront à nouveau favorables aux actions. Et s’il y a une région à privilégier, c’est notre bonne vieille Europe.

Isabelle de Laminne et Patrick Dath-Delcambe
L’éclaircie de l’économie européenne va se confirmer en 2014
©AFP

De quel bois vont se chauffer les économies mondiales en 2014, après une année 2013 teintée de normalisation, principalement dans la zone euro ?

"La crise financière dans la zone euro est terminée. Nous devrions donc connaître une réduction des écarts entre pays et une augmentation de la confiance des consommateurs. Cependant, les économies réalisées limitent la relance économique", constate Koen De Leus, Senior economist chez KBC Groep.

Pas de quoi, toutefois, verser dans l’euphorie. "Tous les problèmes n’ont pas disparu dans l’Eurozone", remarque Peter Vanden Houte, Chief Economist chez ING. "La solvabilité du secteur bancaire reste faible et le problème le plus crucial en 2014 sera sans doute les lacunes dans l’octroi de crédits aux PME. Il y aura également encore des décisions à prendre en matière de plans de sauvetage de certains Etats".

Il y a pourtant des signes d’éclaircie, notamment dans les pays périphériques, passablement malmenés au plus fort de la crise. Dans ces derniers pays, l’amélioration s’explique en partie par le dynamisme du commerce extérieur qui devrait continuer de soutenir l’activité. "La confiance des ménages donne également des signes d’amélioration et la consommation est en train de se stabiliser. Avec le lent redémarrage des créations d’emplois, elle devrait légèrement progresser en 2014", remarque Florence Pisani, économiste chez Dexia Asset Management.

Tous les regards, comme souvent, resteront néanmoins braqués vers les Etats-Unis, dont le moteur tourne à bien meilleur régime que la mécanique européenne. "Alors qu’en 2013, la croissance américaine était généralement en-dessous des attentes en raison d’un ralentissement de la consommation et des investissements, la consommation des ménages devrait s’accélérer en 2014 et la pression fiscale devrait diminuer", estime ainsi Maxime Alimi, Senior Strategist chez AXA IM.

En effet, on assiste à un désendettement des ménages et à une stabilisation de l’épargne. Au niveau de l’immobilier, on ne peut que se réjouir de la baisse du stock d’immeubles en vente sur le marché à son niveau le plus bas. "La hausse du prix de l’immobilier engendre un effet de richesse qui devrait soutenir les dépenses des ménages en 2014", note encore Maxime Alimi.

Dans cet environnement, les banques centrales mèneront encore la danse, mais la FED pourrait revoir, sous la houlette de sa nouvelle présidente, certains de ses principes directeurs comme, par exemple, revoir son objectif de taux de chômage à 5,5 % au lieu de 7 %, estime Peter Vanden Houte.

En ce qui concerne l’Europe, la politique accommodante de la BCE devrait être poursuivie et les taux d’intérêt réels resteront à des niveaux planchers encore en 2014.

"Les prévisions d’inflation restant stables, la question est plutôt de savoir si nous allons connaître une désinflation ou verser dans la déflation. Dans ce contexte, la Banque Centrale Européenne devra être plus active en appliquant des mesures comme, notamment, le lancement d’un nouveau programme de LTRO ou en poursuivant sa politique de réduction des taux directeurs", estime pour sa part Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC Banque.

Du côté des émergents, les incidences de la politique monétaire américaine seront encore prépondérantes. "Il est important, aujourd’hui, de ne plus considérer les pays émergents comme une seule classe d’actifs. Il faut être sélectif et les appréhender comme des marchés différents", prévient Maxime Alimi.

Cet analyste marque une préférence pour les pays asiatiques et la Chine et avoue se méfier des pays qui affichent un déficit de leur balance courante et qui sont sensibles aux aléas de la politique monétaire de la FED : le Brésil, l’Inde, l’Indonésie, la Turquie et l’Afrique du Sud.

Dans le sillage de l’économie américaine et avec la fin de la contraction de l’activité dans la zone euro, la croissance devrait néanmoins accélérer un peu dans les régions émergentes en 2014, note pour sa part Anton Brender, directeur des études économiques de Dexia AM.

Selon Peter Vanden Houte (ING), le taux de croissance attendu en 2014 aux Etats-Unis oscillerait entre 2,6 et 3 %, contre 1,1 % dans la zone euro (et 1,2 % en Belgique) et 2,9 % au Royaume-Uni. Le Japon devrait atteindre les 2 % de croissance et la Chine 7,5 %.Isabelle de Laminne et Patrick Dath-Delcambe